Par Johan Sellitto - Devenir consultant indépendant

« Comment devenir consultant indépendant » ? À en juger par le nombre impressionnant de recherches associées à cette simple question, l’attirance des jeunes diplômés et des cadres expérimentés envers ce type de carrière professionnelle ne semble faire aucun doute. Un désir qui s’avère toutefois difficile à mettre en oeuvre pour le professionnel n’ayant encore aucune expérience dans le domaine de l’entrepreneuriat. Voici nos conseils pour réussir votre projet !

Pourquoi devenir consultant indépendant ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet en nous penchant en détail sur la marche à suivre pour devenir consultant freelance, arrêtons-nous un instant sur ce qui pousse tant de professionnels à envisager cette carrière. Des professionnels qui pourtant jouissent parfois de situations confortables, sont appréciés de leurs collaborateurs et trouvent du plaisir dans le cadre de leur poste actuel.

Évidemment, les motivations sont aussi nombreuses qu’il existe de consultants, mais on peut toutefois recenser plusieurs raisons partagées par de nombreux profils. En voici les principales :

  • Être aux commandes de sa vie professionnelle ;
  • Augmenter sa rémunération de manière substantielle ;
  • Mener son propre projet de A à Z ;
  • Pouvoir mieux satisfaire les besoins de ses clients ;
  • S’orienter vers une nouvelle voie ;
  • Avoir la possibilité d’organiser son temps librement.

Enfin, certains cadres séniors, littéralement boudés par les employeurs à cause de leur âge jugé trop avancé, préfèrent tout simplement prendre leur destin en main en capitalisant sur leur expertise, plutôt que d’attendre dans l’espoir d’une hypothétique embauche.

Si les raisons de se mettre à son compte peuvent diverger selon les aspirations de chacun, il existe également de mauvaises raisons qui ne doivent surtout pas entrer en ligne de compte dans votre décision. Par exemple, devenir indépendant uniquement dans le but de fuir une situation conflictuelle aura généralement pour effet de déplacer le problème et de vous mettre encore plus en difficulté.

Il est donc essentiel de bien réfléchir à la nature de vos motivations avant de vous lancer, quitte à en profiter pour prendre un peu de temps afin de peaufiner votre projet !

Comment devenir consultant indépendant ?

Si devenir consultant à son compte n’est pas une décision qui se prend à la légère, sa mise en oeuvre doit également s’accompagner d’une période de réflexion et de préparation.

Entre le choix du statut juridique le plus adéquat, l’étude des besoins de la cible, la définition précise de l’offre et la création d’une présence en ligne, le consultant est contraint de réellement s’impliquer s’il veut voir son projet couronné de succès.

Quel statut pour un consultant ?

Le professionnel désireux de se mettre à son compte se retrouvera rapidement face à un choix de la plus haute importance : quel statut juridique adopter pour exercer son activité dans les meilleures conditions ? Micro-entreprise, entreprise individuelle à responsabilité limitée, SASU, EURL ou portage salarial. Comme on le verra, chacun de ces statuts possède des arguments qu’il sera nécessaire de mettre en perspective avant de prendre sa décision.

La micro-entreprise ou auto-entreprise

Statut n°1 chez les nouveaux entrepreneurs, le régime micro-entrepreneur (anciennement connu sous le nom de régime auto-entrepreneur) est idéal pour tester une activité, en parallèle d’un poste de salarié, par exemple.

En plus de sa grande accessibilité, le régime micro-entrepreneur permet notamment au professionnel de payer des cotisations sociales par rapport à son chiffre d’affaires. Chiffre d’affaires qui souffre néanmoins d’un plafonnement, ce qui aura pour effet de rapidement bloquer le développement de l’activité.

L’EIRL

Avec son principe de responsabilité limitée, l’EIRL permet de mieux sécuriser le patrimoine personnel du freelance. Celui-ci est également libéré de cette notion de chiffre d’affaires plafonné qui pourrait limiter son développement.

En contrepartie, les formalités sont un peu plus nombreuses et coûteuses, en comparaison au régime de la micro-entreprise.

La SASU et l’EURL

Ces deux formes d’entreprises unipersonnelles, variantes respectives de la SAS et de la SARL, se distinguent sur plusieurs points, notamment sur le plan du régime social du dirigeant ou des règles d’imposition.

Retenons que la SASU se caractérise par une plus grande souplesse, mais aussi une plus grande complexité de mise en oeuvre et de gestion.

Le portage salarial

Le portage salarial est une forme de travail, qui dispose de sa propre convention collective. Elle permet aux consultants freelance de mener leur activité librement tout en bénéficiant des mêmes avantages que les salariés (protection sociale, congés payés, allocations chômage…).

Un statut hybride qui séduit de plus en plus de cadres, formateurs et managers de transition en quête d’autonomie et de sécurité !

Se focaliser sur la bonne cible

Si vous souhaitez trouver des missions sans éprouver trop de difficultés, il n’est pas conseillé de viser trop large. Il est en effet bien plus judicieux de vous focaliser sur une cible précise à laquelle vous êtes certain de pouvoir apporter votre expertise.

N’oubliez pas que les entreprises qui font appel à un consultant sont avant tout à la recherche de valeur ajoutée. Certaines souhaitent trouver le moyen d’améliorer leurs process internes, pendant que d’autres voudraient augmenter leurs profits ou répondre de manière la plus adéquate aux attentes de leurs clients.

Après avoir cerné précisément les besoins de vos prospects, il vous reste alors à prouver que vous êtes bien l’homme ou la femme de la situation en développant des arguments commerciaux robustes.

Définir son offre en tant que consultant freelance

Il est parfois bien difficile de trouver sa place sur un marché où nombre d’entreprises et de freelances sont déjà solidement implantés. Ce n’est toutefois pas une raison pour brader votre expertise. En plus de mettre à mal à votre image et de porter atteinte à votre secteur, sous-évaluer vos compétences pourrait grandement compromettre la viabilité de votre projet.

Par conséquent, n’ayez pas peur de pratiquer un tarif réaliste en le mettant en corrélation avec votre niveau d’expertise, la rareté de vos compétences et l’argent ou le temps que vous pourrez faire gagner à vos clients s’ils décident de faire appel à vos services.

En outre, n’oubliez pas de prendre également en considération les cotisations sociales et autres frais qu’il faudra déduire de votre chiffre d’affaires pour définir votre tarif journalier.

Prospecter et être visible sur internet

Pour mener son projet à bien, le consultant doit consacrer une bonne partie de son temps à sa prospection et à sa communication.

Notre conseil : misez sur les possibilités offertes par internet ! La toile est en effet devenue un passage obligé pour tout professionnel souhaitant faire connaître son offre et son expertise au plus grand nombre. Site internet, réseaux sociaux, plateformes de freelance… votre présence sur internet est l’occasion de mettre en avant votre valeur ajoutée en vous distinguant de vos concurrents.

Bien sûr, il ne s’agit pas pour autant d’abandonner les autres formes de communication, notamment les événements professionnels qui constituent toujours de bonnes occasions pour développer et entretenir votre réseau.

 

être visible sur les réseaux

 

Se faire aider et bien s’entourer

Si le consultant est un expert dans son domaine, il n’est pas forcément doté de la fibre commerciale pour autant. Heureusement, il peut compter sur un certain nombre d’organismes publics et privés pour se faire accompagner dans la construction de son offre commerciale, et plus généralement, dans le lancement de son projet : CCI, chambre des métiers, pépinières d’entreprises, réseau Entreprendre… N’oublions pas non plus les formations et l’accompagnement proposés par la plupart des sociétés de portage salarial qui peuvent également se révéler d’une aide précieuse.

Si vous êtes demandeur d’emploi au moment du lancement de votre activité, sachez par ailleurs qu’il vous est possible de cumuler le versement de vos allocations chômage avec les revenus issus de votre activité en portage, à condition de respecter certains critères. Une solution qui vous permettra de compenser idéalement une potentielle baisse de revenus lors de vos premiers pas dans votre nouvelle vie d’indépendant !

Se préparer à être consultant indépendant

Attirés par les perspectives économiques et la promesse de liberté associée à l’indépendance, certains néo-entrepreneurs déchantent rapidement face à la dureté de la réalité.

Faire le choix de devenir consultant freelance requiert en effet une certaine dose d’abnégation. Les premiers mois sont souvent synonymes de difficultés et de tâtonnements : signer ses premiers contrats, trouver une stabilité économique ou un vrai équilibre entre vies professionnelle et personnelle. D’où la nécessité de faire preuve de patience, de persévérance et d’organisation !

Gardez toutefois à l’esprit que certains statuts, à l’image du portage salarial, vous permettent d’entrer plus rapidement dans l’entrepreneuriat, en évitant au passage certains des désagréments liés au lancement d’une activité indépendante.

Article rédigé le 11 juil 2017

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