Par Johan Sellitto - Devenir consultant indépendant

Selon les dernières statistiques, les travailleurs indépendants seraient environ 2,8 millions. Qui sont ces professionnels qui ont décidé de privilégier la liberté de l’entrepreneuriat à la sécurité du salariat ? Quels sont les statuts qu’ils privilégient pour développer leur activité ?

L’indépendance : qu’est-ce que cela implique ?

Par définition, le travailleur indépendant, ou freelance (terme davantage employé dans le secteur informatique), est un professionnel qui exerce une activité économique à son propre compte.

Contrairement au salarié, le travailleur indépendant est autonome et propriétaire de ses moyens de production. Il est donc libre de s’organiser comme il le souhaite, sans avoir à en référer à un supérieur hiérarchique. Il doit cependant veiller à bien se conformer aux exigences de sa clientèle, sans que cela n’implique l’existence d’un quelconque lien de subordination.

Qui sont les travailleurs indépendants ?

Comme on peut l’imaginer, un grand nombre de profils de professionnels se retrouvent dans la vaste catégorie des travailleurs indépendants. L’INSEE regroupe les travailleurs indépendants en quatre grandes catégories :

  • Les professions libérales (architectes, médecins, psychologues, formateurs indépendants, experts-comptables…) ou assimilées (consultants, rédacteurs, graphistes…)
  • Les exploitants agricoles
  • Les patrons dans l’industrie, le commerce ou les services
  • Les dirigeants de sociétés

La France compte actuellement 2,8 millions de travailleurs indépendants. Selon un récent rapport du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS) publié dans Les Échos, les travailleurs indépendants sont majoritairement des hommes (66 %), diplômés, âgés d’environ 46 ans, travaillant plutôt dans le domaine des services.

Le régime social de l’indépendant

La majorité des travailleurs indépendants sont affiliés au Régime social des indépendants (RSI), considéré comme moins protecteur que le régime général, même s’il est également moins coûteux que ce dernier.

Certains professionnels, à l’image du président associé unique de la SASU, sont toutefois rattachés au régime général de la sécurité sociale. Dans ce cas, on parle de travailleurs « assimilés-salariés« .

Combien gagne un travailleur indépendant ?

Les revenus générés par les travailleurs indépendants dépendent grandement de leur statut et du type d’activité exercé. Selon le HCFiPS, la rémunération annuelle moyenne d’un indépendant, hors auto-entrepreneurs et exploitants agricoles, est de 38 280 €.

En accueillant un grand nombre de travailleurs précaires et de professionnels en double activité, le statut auto-entrepreneur est de loin le plus mal lotis de tous les statuts, avec une moyenne de 5 280 € de chiffre d’affaires annuel !

Quel statut adopter pour exercer en parfaite autonomie ?

Comme nous avons pu l’entrevoir précédemment, tous les statuts juridiques prévus par le droit français ne se valent pas, notamment sur le plan de la protection sociale. Outre les principaux statuts que nous allons présenter par la suite, il existe également des statuts réservés à certaines professions.

C’est par exemple le cas du statut artiste-auteur qui, comme son intitulé l’indique, se destine aux freelances exerçant une activité artistique. De même, les professionnels libéraux peuvent s’associer pour créer une société d’exercice libéral ou une société civile professionnelle.

Les différentes formes d’entreprises individuelles

L’entreprise individuelle classique, de même que l’EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée) et l’auto-entreprise (ou micro-entreprise), se distinguent des autres statuts par leur accessibilité. Le nombre de formalités est réduit au strict minimum et il suffit de quelques minutes pour déclarer son activité.

Cette simplicité d’accès est encore plus prégnante dans le régime micro-entrepreneur, ce qui explique sa grande popularité. On compte en effet plus d’un million de travailleurs indépendants exerçant sous ce statut.

Malgré ses qualités indéniables, c’est toutefois l’un des statuts les moins protecteurs et les plus restrictifs qui soit, notamment en raison d’un chiffre d’affaires limité, d’une responsabilité illimitée (en partie compensée par la possibilité d’affecter son patrimoine) et une d’impossibilité de récupérer la TVA sur les achats et les frais de fonctionnement.

Les sociétés unipersonnelles

Si le travailleur indépendant a le désir de créer une société, mais de rester seul maître à bord, il en a la possibilité grâce à la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Ces statuts reprennent respectivement les spécificités de la SAS et de la SARL en les adaptant aux besoins du solo-entrepreneur.

Comme toute création de société, la constitution d’une EURL ou d’une SASU implique cependant la réalisation d’un apport en capital social (sans minimum exigé néanmoins) et des formalités relativement lourdes et coûteuses. De plus, l’entrepreneur est contraint de tenir une vraie comptabilité, ce qui peut s’avérer fastidieux s’il s’en occupe lui-même.

Par contre, atout de taille : la responsabilité du travailleur indépendant en SASU ou en EURL est limitée à la hauteur de ses apports ; ce qui met son patrimoine personnel à l’abri des créanciers en cas de faillite.

Le portage salarial

 

exercer en portage salarial

 

Entre la lourdeur administrative des sociétés unipersonnelles et la limitation des entreprises individuelles, il existe une troisième voie : le portage salarial. Empruntant aussi bien au domaine du salariat qu’au secteur de l’entrepreneuriat, ce dispositif né dans les années 1980 héberge actuellement plus de 60 000 activités en France.

Bien que le « salarié porté » soit lié par un contrat de travail à sa société de portage salarial, il n’en conserve pas moins toute son autonomie professionnelle. Libre de démarcher les entreprises de son choix, il peut développer son activité comme le ferait n’importe quel dirigeant de SASU ou auto-entrepreneur. Même si, contrairement à ce dernier, il n’est bloqué par aucun plafonnement de chiffre d’affaires !

Pour pouvoir bénéficier de l’hébergement de son activité, le travailleur indépendant doit toutefois reverser une partie de son chiffre d’affaires sous forme de frais de gestion. En échange, il bénéficie de la prise en charge de ses formalités, d’un accompagnement personnalisé et de plusieurs services, comme des formations professionnelles ou une mise en réseau.

Article rédigé le 28 nov 2017

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