EIRL, SASU, auto-entrepreneur, statut du salarié porté… Vous souhaitez devenir indépendant, mais il est difficile de s’y retrouver parmi ces nombreux statuts juridiques ! Voyons lequel est le plus adapté à votre situation.

Statut
Salarié
Indépendant
 
PORTAGE
AUTO-ENTREPRENEUR
EIRL
EURL
SASU
Facilités administratives
OUI
OUI
NON
NON
NON
Séparation des patrimoines
PAS DE PATRIMOINE ENGAGÉ
NON
OUI
OUI
OUI
Capital social
NON
NON
NON
OUI
OUI
Impôt
SUR LE REVENU
SUR LE REVENU
AU CHOIX
AU CHOIX
AU CHOIX
Frais de création
NON
NON
OUI
OUI
OUI
Sécurité sociale et retraite de base
OUI
OUI
OUI
OUI
OUI
Chômage
OUI
NON
NON
NON
NON
Retraites complémentaires
OUI
NON
FACULTATIF
FACULTATIF
FACULTATIF
Prévoyance
OUI
NON
FACULTATIF
FACULTATIF
FACULTATIF
Mutuelle
OUI
NON
FACULTATIF
FACULTATIF
FACULTATIF
CA limité
NON
OUI
NON
NON
NON

Les statuts indépendants

L’entreprise individuelle 

L’EI ou entreprise individuelle permet de conserver une grande indépendance, mais attention : juridiquement, votre personne n’est pas distincte de votre entreprise. En d’autres termes, votre entreprise c’est vous, donc vous décidez de tout, mais c’est aussi vous qui prenez les risques. En effet, le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel sont confondus d’un point de vue juridique. À cause de cela, vos créanciers pourront saisir vos meubles ou votre maison en cas de dettes (ainsi que ceux de votre conjoint si vous êtes mariés et que vous n’avez pas opté pour la séparation des biens) ! On peut toutefois éviter ces désagréments en faisant une déclaration d’insaisissabilité auprès de son notaire. D’un point de vue fiscal, l’entrepreneur est soumis à l’impôt sur le revenu à titre personnel.

L’auto-entreprenariat 

La plupart des entrepreneurs individuels optent pour le statut d’auto-entrepreneur (une sorte de sous-catégorie de l’EI). L’auto-entreprenariat offre un avantage important : on ne paye rien tant qu’on ne gagne rien ! En effet, aucun prélèvement ne peut être réalisé tant qu’il n’y a pas de chiffre d’affaires. Un atout considérable pour les débuts difficiles. Il permet aussi de bénéficier d’un allégement des charges et d’une administration simplifiée.

Attention cependant, le statut d’auto-entrepreneur a aussi quelques inconvénients. Tout comme l’EI, il ne différencie pas votre personne de votre entreprise. En cas de créances, votre patrimoine personnel peut donc être saisi. De plus, il ne faut pas dépasser 82 200 euros de chiffre d’affaires pour les ventes de marchandises et 32 900 pour les prestations de services ou les professions libérales. De ce fait, s’il est très pratique pour démarrer, le statut pousse indirectement les entrepreneurs à limiter leur développement pour ne pas franchir le seuil… C’est un peu dommage !

statut juridique freelance

EURL et SASU

La SARL (société à responsabilité limitée) et la SAS (société par actions simplifiées) ont toutes deux leurs versions unipersonnelles connues sous les doux sigles de « EURL » et « SASU ». Dans cette situation, on crée une entreprise qui est détachée de soi, bien que l’on soit le seul à la diriger. Cela donne naissance à une « personne morale » qui aura un nom et une adresse (le siège social). Cette dissociation entraîne une séparation des patrimoines personnels et professionnels. Vos biens sont donc préservés. Par contre, l’entreprise doit avoir un patrimoine initial : le capital social. Cette somme est librement fixée par le(s) associé(s), mais doit être supérieure à un euro. Les formalités de création sont un peu lourdes : immatriculation, déclaration des statuts auprès du centre des impôts et parution d’une annonce dans un journal d’annonces légales. Ceci dit, comme l’entreprise n’est pas nécessairement liée à son fondateur, elle peut lui succéder ou être cédée. Dans les cas d’une SASU, l’associé unique peut même distribuer des actions à ses salariés. Cela peut-être un bon moyen de les retenir quand on n’a pas encore les moyens de proposer des salaires attractifs.

La solution intermédiaire : l’EIRL

Si vous optez pour le statut d’EIRL (entrepreneur individuel à responsabilité limité), vous bénéficierez de certains avantages de l’entreprise individuelle sans son inconvénient principal : l’absence de distinction des patrimoines. Officiellement l’entreprise porte votre nom, mais vous pouvez y ajouter une fonction (« Pierre Dupont, consultant en stratégies éditoriales ») ou un nom commercial (« Pierre Dupont, Edit&go »…). Non seulement vos biens personnels sont protégés, mais vous aurez le choix entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.

A la création de votre entreprise, il est nécessaire de bien étudier les différentes options qui s’offrent à vous pour choisir la plus adaptée.

Le statut salarié

Être indépendant sans créer une entreprise ?

Enfin, il existe une solution pour travailler en toute indépendance, sans nécessairement créer son entreprise : le portage salarial. Attention à ne pas confondre ce statut avec celui l’intérim

Dans le cas du portage salarial, le travailleur porté est employé par l’entreprise de portage qui se charge de facturer le(s) client(s), puis de lui reverser les revenus de sa mission, principalement sous forme de masse salariale.  L’entreprise de portage salarial se rémunère en prélevant une commission (8 – 10% du CA environ) sur les honoraires facturés.

Le choix du portage salarial est judicieux si l’on souhaite alléger son administration au maximum. En effet, la société de portage s’occupe de tout ! C’est aussi une bonne solution pour tester son marché avant de lancer sa boîte, sans prendre de risques (pas de patrimoine engagé), tout en conservant le statut de salarié et ses nombreux avantages. La société de portage vous verse un salaire net et s’acquitte pour vous des cotisations. Ce statut est réservé à tous les cadres et les consultants qui exercent des prestations intellectuelles. Seule contrainte, le montant des honoraires journaliers doit pouvoir couvrir le salaire minimum.

Pour aller plus loin sur le statut du salarié porté :