Par Charlène MARCONE - Réussir ma relation client

S’appuyant sur l’intelligence collective et les échanges constructifs, le brainstorming permet de faire émerger des solutions innovantes après quelques heures d’un intense remue-méninge où peuvent fuser les idées les plus improbables et les plus inattendues ! Vous devez organiser une séance de brainstorming ? Pas de panique ! Voici nos conseils pour mener à bien cette réunion placée sous le signe de l’inspiration !

Bien préparer sa séance de brainstorming

Toute préparation d’une séance de brainstorming débute nécessairement par la définition d’un objectif. L’idée est ici de poser clairement la problématique à laquelle on entend apporter des solutions. Attention : tous les problèmes ne requièrent pas forcément le recours à une réunion de brainstorming. En effet, il ne faut pas que la moindre question devienne le prétexte à mobiliser l’attention de vos collaborateurs !

✅ La sélection des participants

Pour garantir l’efficacité de votre réunion de brainstorming, l’un des principes fondamentaux est de déterminer le nombre de participants qui seront conviés. Visez une dizaine de personnes pour que chacun puisse avoir l’occasion de s’exprimer sans contrainte, tout en faisant en sorte qu’il y ait assez de cerveaux autour de la table pour favoriser l’émergence d’idées novatrices ! Trop de participants, c’est le brouhaha assuré ; pas assez, c’est le risque de tomber assez vite en panne sèche d’inspiration !

Veillez par ailleurs à sélectionner les participants en tenant compte de leur profil, leur expertise, leur personnalité ou leur regard atypique, quitte à solliciter le concours de partenaires commerciaux ou de fournisseurs. Au moment de faire votre choix, la question que vous devez vous poser est : « que peut-il apporter à cette réunion ? » Si vous n’êtes pas en mesure d’y répondre, inutile de déranger la personne en question !

✅ Le choix de l’animateur

Si vous souhaitez confier l’animation de la session de brainstorming à un collaborateur ou une collaboratrice, prenez soin de choisir quelqu’un habitué à ce périlleux exercice. Le brainstorming n’est en effet pas une réunion comme les autres. Très intense, elle nécessite beaucoup d’énergie. La personne chargée de l’animation doit notamment être capable de mener les discussions, d’instaurer une dynamique créative et de synthétiser les nombreuses idées, parfois improbables, qui ne manqueront pas de jaillir au fil des échanges.

✅ Le moment et le lieu du brainstorming

Bien qu’il puisse sembler anodin, le choix du lieu du brainstorming peut en réalité avoir un impact considérable sur le processus créatif des participants. Si vous voulez favoriser l’apparition d’idées innovantes, choisissez un lieu stimulant avec un aménagement accueillant, situé si possible en dehors des locaux de l’entreprise.

Même chose pour le moment de la réunion : pour ne pas vous retrouver face à des participants apathiques et peu inspirés, évitez de les convier après le déjeuner, ou juste avant le week-end. Le principe est ici le même que pour une réunion classique !

Quant à la durée de la réunion, tablez sur une à deux heures, exceptionnellement un peu plus si vous sentez qu’il y a encore du potentiel à tirer des échanges et que cela convient aux participants.

Le déroulement d’une séance de brainstorming

La séance de brainstorming commence par l’accueil des participants. Prévoyez des boissons et des collations, en fonction du moment de la journée où se déroule votre réunion.

1️⃣ La phase de cadrage

Il est essentiel que les participants comprennent clairement les raisons pour lesquelles ils ont été conviés et quels sont les enjeux de la réunion. Avant de commencer à faire chauffer les neurones de l’assemblée, définissez clairement les contours de la rencontre : quelle est sa durée ? Ses étapes ? Ses règles ? Cette phase de cadrage est indispensable au bon déroulement des discussions.

->  Les règles d’or d’un brainstorming réussi

Exercice de pure créativité, l’efficacité du brainstorming tient au respect de certains « fondamentaux », que voici :

  •   Les participants doivent se sentir libres de parler librement, sans autocensure ;
  •   Aucune idée ne doit faire l’objet d’un jugement de valeur ou d’une critique négative ;
  •   Le rythme doit rester soutenu pendant toute la réunion ;
  •   Il faut viser la quantité plutôt que la qualité ;
  •   Les idées énoncées doivent servir à construire de nouvelles idées ;
  •   La question de départ doit être très précise pour éviter la multiplication d’idées sans lien avec la problématique ;
  •   Il convient de laisser la place à la surprise, à l’inattendu.

2️⃣ La production libre d’idées

Vient alors la phase de génération libre d’idée durant laquelle chaque participant peut proposer une solution à la problématique évoquée, en s’appuyant sur ce qui lui vient en tête. Ces idées, notées par l’animateur sur un tableau ou des post-it, doivent être les plus spontanées possible. Dit autrement : à cette étape, on ne se soucie pas de la pertinence ni de la cohérence de ce qui est dit.

Une approche qui peut paraître contre-intuitive, mais qui fait pleinement partie du processus. Gardez en effet à l’esprit qu’il y a de fortes chances pour que certaines des idées qui seront retenues à la fin de la séance soient directement issues de ce vivier de suggestions parfois très surprenantes !

3️⃣ La génération guidée

Une fois ce premier tour de table effectué et les premières idées consignées, l’animateur peut passer à une phase plus balisée où il va amener les participants à produire des idées, en rapport avec ce qui a été énoncé précédemment, en tirant parti d’un certain nombre d’outils et de techniques. À la fin de cet article, nous vous présentons quelques-unes des techniques les plus utilisées par les animateurs de brainstorming.

4️⃣ Le classement et l’évaluation des idées

Une fois toutes les idées écrites, il s’agit de trouver des similitudes afin de regrouper les idées proches en plusieurs grandes catégories, mais aussi de mettre de côté celles qui s’éloignent trop du sujet. Il sera aussi peut-être nécessaire de reformuler certaines idées pour leur donner plus de clarté.

À présent, il est grand temps de sélectionner les meilleures idées, au regard de la question initiale ! C’est le seul et unique moment dans la séance de brainstorming où les participants sont autorisés à évaluer les idées, les critiquer et les classer, selon des critères définis en amont avec l’animateur : niveau de faisabilité, efficacité, complexité, caractère innovant, coût… Au moment de voter pour la ou les meilleures idées, il peut être judicieux de demander les raisons qui ont poussé les participants à faire ce choix, plutôt qu’un autre.

Enfin, il ne reste alors plus qu’à remercier chaleureusement les participants pour leur précieuse contribution et d’exploiter les données collectées dans le cadre de cette fructueuse réunion !

Les outils d’un brainstorming efficace

Utilisés à bon escient, ces outils, sélectionnés parmi des dizaines d’autres, peuvent vous aider à générer une profusion d’idées pendant la phase de génération guidée.

⚙ Le brainstorming inversé

Il s’agit de modifier la question initiale en la posant à l’envers, afin de pousser les participants à trouver une solution en partant d’une situation opposée. Une approche ludique qui peut amener des idées étonnantes !

  • Par exemple : « De quelle façon pourrions-nous modifier le processus d’achat sur notre site internet afin de faire perdre le plus de temps possible à nos clients ? »

⚙ La méthode « Et si ? »

Très simple, cette technique permet aux participants de sortir de leur mode de pensée habituel en s’imaginant être quelqu’un d’autre, dans un endroit différent, à une autre époque, face à une situation inédite…

  • Par exemple : « Et si vous aviez la possibilité de modifier le passé, comment feriez-vous pour résoudre le problème ? » ; « Et si vous étiez Jules César, que feriez-vous face à cette situation ? »

⚙ La méthode SCAMMPERR

Plus complexe, cette méthode consiste à soumettre des idées, produits, services ou concepts à des opérateurs ou déclencheurs afin de les tester, les examiner sous différents angles et générer d’autres idées. SCAMMPERR est un acronyme où chaque lettre représente une opération différente :

  •   S pour Substituer : quel élément de l’idée peut être remplacé par un autre ?
  •   C pour Combiner : quelles idées peuvent être fusionnées pour multiplier les usages ?
  •   À pour Adopter : est-il possible de s’inspirer d’un concept comparable qui a déjà existé ?
  •   M pour modifier : est-il possible de changer les caractéristiques de l’idée ? Sa signification, sa forme, sa couleur…
  •   M pour Magnifier : qu’est-ce qui pourrait être ajouté pour donner une tout autre dimension à l’idée ?
  •   P pour Produire : est-il possible d’aboutir à d’autres usages si l’on modifie un élément de l’idée ?
  •   E pour Éliminer : qu’est-ce qui n’est pas nécessaire ? Que peut-on retirer ou épurer ?
  •   R pour Renverser : est-il possible d’inverser le processus, de faire le contraire, de revenir en arrière ?
  •   R pour Réorganiser : peut-on changer l’ordre, le sens, l’organisation ?

⚙ La carte d’idéation

Confrontés à une image et un ou plusieurs mots-clés, qui peuvent être en lien direct avec la thématique ou non, les participants sont invités l’un après l’autre à livrer leur ressenti et leurs pensées, le plus spontanément possible.

⚙ Le copier/réinventer

Proposez un service ou un produit connu de tous et invitez les participants à le modifier pour le rendre encore meilleur, selon les critères définis. Cette approche va pousser les participants à trouver de nouvelles fonctionnalités en se basant sur une solution déjà existante et clairement identifiable.

Article rédigé le 26 Août 2021

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