Par Vanessa VANDERHAEGHEN - Me changer les idées

Depuis une dizaine d’années, le freelancing fait de plus en plus d’adeptes, autant du côté des indépendants que des entreprises. Et il pourrait connaître un bond en avant, conséquence directe de la crise du Covid-19. En effet, si le travail indépendant peut être une alternative au chômage, c’est aussi une réponse au besoin de flexibilité des entreprises. Aujourd’hui, focus sur l’émergence de la culture freelance.

Le marché du freelancing

Le marché du freelancing pèse de plus en plus lourd dans la balance de l’économie française. Il y aurait, selon Eurostat, près d’un million de freelances, et ce chiffre a augmenté de 145 % entre 2008 et 2018. L’INSEE a recensé un nombre record de nouvelles micro-entreprises : 308 300 immatriculations en 2018, soit 28 % de croissance en un an.

De leur côté, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire confiance aux freelances. Le recours à des travailleurs indépendants pour des missions ponctuelles leur permet une plus grande flexibilité : elles ont la possibilité de renforcer leurs équipes et de faire appel aux bons experts, au bon moment.

Le profil type du freelance

Indépendant, freelance, entrepreneur, la frontière est parfois floue entre ces différentes dénominations. Alors, qui sont finalement les freelances ? Ce sont des travailleurs indépendants, sans fonds de commerce, actifs immobilisés ou licence spécifique aux professions réglementées. Ils sont, le plus souvent, issus du secteur du numérique et exercent en tant que consultants indépendants, chefs de projet, développeurs, etc.

Une étude de la plateforme Malt, sur le freelancing en France, révèle des chiffres intéressants, qui nous permettent de mieux cerner les freelances.

  • Ils ont en moyenne 34 ans ;
  • 54 % sont des hommes ;
  • 89 % des freelances sont déjà passés par le salariat ;
  • 88 % ne souhaitent d’ailleurs pas redevenir salariés à temps plein ;
  • 78 % sont fiers de leur statut ;
  • 85 % se plaignent cependant d’un manque de considération dans le débat économique et politique.

La notion de précarité associée au freelancing n’a pas totalement disparue, mais elle s’éloigne. Ce mode de travail est d’ailleurs un vrai choix pour une écrasante majorité (90 %) et ils sont 92 % à voir le freelancing comme une situation à long terme. Ce qui leur plaît le plus dans cette façon de travailler ? L’indépendance, l’autonomie et le fait de pouvoir décider de leurs conditions de travail.

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La culture freelance se développe en France

De plus en plus nombreux, les freelances ne sont plus aussi isolés qu’auparavant. Les espaces de coworking poussent d’ailleurs comme des champignons depuis quelques années. Ils accueillent des travailleurs indépendants à la recherche d’un espace de travail adapté, mais, surtout, d’un quotidien à partager.

Des collectifs de freelances se multiplient eux aussi, rassemblant des professionnels indépendants autour d’un lieu, d’un métier ou d’un secteur commun. Le Hub Nomade est, par exemple, un collectif de freelances et digital nomads basés entre la France et Bali. D’autres freelances se rassemblent autour d’un même métier ou, au contraire, unissent des expertises variées, mais interviennent sur un secteur particulier duquel ils deviennent spécialistes. C’est le cas du collectif bordelais Cosme, dédié à la communication au Web et à l’événementiel. Dans ces collectifs, le réseau joue à plein et sert l’activité de chacun des membres.

Élément fort qui devrait booster la culture freelance, un syndicat de travailleurs indépendants vient tout juste d’être créé : independant.co. L’objectif est de fédérer les indépendants et les collectifs pour faire entendre leur voix et défendre leurs intérêts.

Preuve, s’il en fallait d’autres, que la culture freelance se répand, Freelance Nation, le premier salon entièrement dédié aux Freelances, vient de voir le jour et devrait avoir lieu les 12 et 13 octobre prochain à Paris. Un grand rendez-vous qui permettra aux freelances et aux entreprises de se rencontrer. 

Les enjeux du freelancing pour les entreprises

Au même titre que la culture d’entreprise, la culture freelance se développe, avec ses propres codes et son état d’esprit. Les freelances ne sont plus des CDI déguisés ni des ressources temporaires en régie, mais des professionnels à part entière qu’il convient de considérer comme tel si l’on souhaite faire appel à eux.

➜ Les entreprises ont de plus en plus souvent recours aux travailleurs indépendants et elles s’adaptent. On voit naître dans les grandes entreprises, des postes de Chief Freelance Officer. Les CFO sont chargés de la gestion des freelances : recrutement, contrats, intégration, suivi des missions, etc. Car, attention, on ne gère pas un freelance comme un employé ordinaire. Les processus d’onboarding et d’offboarding ne seront pas les mêmes pour les salariés et pour les consultants indépendants. Quelle que soit la taille de l’entreprise qui recrute, il est nécessaire d’en tenir compte.

➜ Les leviers de motivation ne sont pas les mêmes non plus ! Gestion de leur planning, besoin d’autonomie ou d’un challenge à relever…. mieux les besoins des freelances sont cernés, mieux l’entreprise pourra y répondre. Il faut garder en tête que certaines expertises sont très demandées et que l’entreprise n’est pas toujours en position de force. Pour attirer les meilleurs consultants indépendants, elle doit donc mettre en avant ses atouts.

Les freelances accompagnent les entreprises dans leurs transformations en apportant des compétences, des méthodes de travail et des points de vue différents. Pour que la collaboration soit bénéfique pour les deux parties, l’entreprise devra être ouverte et à leur écoute.

La culture freelance chez Cadres en Mission

Cadres en Mission promeut depuis longtemps la culture freelance à travers :

  • La mise en réseau : elle permet aux consultants indépendants de mieux se connaître pour mieux travailler ensemble et, bien sûr, de multiplier les opportunités de business. Inscrivez-vous à nos communautés Meetup pour participer à des ateliers business online et aux moments d’échanges libres et informels sur l’entrepreneuriat, la formation ou le management de transition. 
  • Les pôles d’expertises : Cadres en Mission est organisé autour de pôles d’expertises sectoriels. L’objectif est de rassembler les consultants et mettre en place des actions collectives comme la création d’une offre commerciale commune permettant la prospection en équipe, les réponses aux appels d’offres en commun, etc. Ces pôles permettent aussi aux entreprises de trouver le profil adéquat parmi un bassin d’experts. Le Pôle Industrie a par exemple créé un mini-diagnostic Lean, et une équipe CSE et relations sociales a été créée.
  • Le développement des compétences : on le sait, pour les freelances, la formation est un élément indispensable. Cadres en mission met à disposition de ses membres des outils et un accès à différents modules de formation. Un parcours de formation est également ouvert pour aborder l’offre de service, la démarche commerciale, la formation de formateurs avec une possibilité de financement via AKTO.

Avec la crise, les entreprises risquent d’être plus réticentes à embaucher, notamment les profils seniors. Elles n’ont pourtant pas le droit à l’erreur et ont besoin de consultants expérimentés. Le recours aux travailleurs indépendants est une solution idéale, notamment lorsque la culture freelance est bien intégrée dans l’entreprise.

Article rédigé le 08 Sep 2020

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