Par Marie-Laure Sainte Croix - Bien gérer mon activité

Vous souhaitez assurer la pérennité de votre activité tout en favorisant son développement ? La réponse tient en un mot : « rentabilité ». Que recouvre cette notion si importante pour tout professionnel indépendant ? Comment la calculer et l’optimiser ? Découvrez nos conseils !

Qu’entend-on par « rentabilité » ?

La rentabilité correspond tout simplement à la différence entre les revenus perçus et le coût représenté par l’activité. Si les coûts fixes et variables sont supérieurs au chiffre d’affaires généré, l’activité n’est pas rentable. Au contraire, si le chiffre d’affaires est supérieur ou égal aux charges liées à l’activité, cette dernière peut être considérée comme rentable.

Par exemple, si votre activité vous a coûté 40 000 € en charges et dépenses diverses (impôts, location de bureau, achat de matériel informatique, par exemple) et que vous avez généré un chiffre d’affaires de 70 000 €, vous êtes rentable, car vous avez dégagé un bénéfice de 30 000 €.

Vous pouvez également estimer la rentabilité d’une activité au regard du nombre d’heures consacrées à vos diverses tâches. En effet, si vous parvenez à dégager des recettes suffisantes au prix de journées de travail harassantes, peut-on encore parler d’activité rentable ?

Pourquoi surveiller sa rentabilité en freelance ?

En matière de finances, la règle est la même pour les indépendants que pour les entreprises. Tout d’abord, le fait d’être rentable vous permet d’assurer la pérennité de votre activité. En réalisant des bénéfices, vous pouvez ainsi plus facilement vous projeter sur le moyen ou le long terme.

Être rentable, c’est aussi avoir les moyens financiers d’investir pour développer votre activité, en vous offrant par exemple des formations ; ou pour simplifier la gestion de votre activité au quotidien, en confiant par exemple votre communication ou votre prospection commerciale à des personnes plus compétentes dans le domaine. Par extension, le fait de gagner en rentabilité peut vous aider à vous libérer du temps et organiser plus sereinement votre planning.

Comment estimer et évaluer sa rentabilité ?

En tant que consultant indépendant soucieux du succès de votre activité, vous devez garder de vue votre niveau de rentabilité afin d’être en mesure de modifier votre offre, réduire vos dépenses ou adapter vos tarifs, si cela est nécessaire. Mais comment faire pour évaluer précisément le bénéfice retiré de votre activité ?

Comme indiqué précédemment, la rentabilité est le rapport entre les revenus perçus et vos dépenses. Pour l’estimer, vous devez prendre votre chiffre d’affaires, c’est-à-dire les revenus générés dans le cadre de votre activité, et déduire l’ensemble des charges fixes et variables sur une période donnée.

Si le résultat est nul, cela signifie que vous ne perdez pas d’argent, mais que vous n’en gagnez pas pour autant. On parle alors de « point mort » ou de résultat à l’équilibre. S’il est positif, c’est que votre activité vous permet de dégager une marge bénéficiaire. En revanche, s’il est négatif, cela signifie tout simplement que vous perdez de l’argent. Le plus souvent, soit vos dépenses sont trop importantes, soit vos tarifs sont sous-évalués. Sachez toutefois qu’une activité n’est pas toujours rentable dès le départ. L’important est de bien anticiper vos dépenses pour être en capacité de les couvrir, même en l’absence de bénéfice.

Bien définir son tarif de consultant

Deux grandes possibilités s’offrent à vous : évaluer votre rentabilité sur la base de votre taux journalier ou votre taux horaire ; ou l’estimer en vous rapportant au nombre de jours facturés chaque année. Dans un cas comme dans l’autre, il est important de commencer par faire le calcul des charges et dépenses auxquelles vous devez faire face. Votre objectif : les dépasser, ou tout du moins les couvrir pour ne pas mettre à mal votre rentabilité !

Le nombre de jours travaillés

En règle générale, on part sur une base de 220 jours travaillés par an. Ce nombre de jours tient compte des week-ends, des jours fériés, des congés et des éventuels jours de maladie durant lesquels vous ne travaillez pas. À ces 220 jours, il convient alors de soustraire les jours consacrés à toutes les tâches que vous ne pouvez pas facturer : vos rendez-vous, votre prospection commerciale, vos formations, votre gestion administrative (sauf si vous évoluez en portage salarial)… Pour un consultant indépendant, il est rare de pouvoir consacrer plus de 150 jours à ses missions chaque année.

Le taux journalier moyen

Lorsque vous facturez vos clients en vous basant sur un taux journalier moyen (TJM) ou taux horaire moyen (THM), vous vendez littéralement votre temps. Plus flexible et précis que le mode calcul au nombre de jours facturés dans l’année, ce mode de facturation vous permet de déterminer le tarif de vos devis en fonction du temps que vous estimez devoir consacrer à vos missions.

Pour savoir combien facturer vos journées, il suffit de diviser le chiffre d’affaires annuel visé par le nombre de jours travaillés. Admettons que vous ayez besoin de réaliser un chiffre d’affaires de 69 000 € pour être rentable et que vous travaillez 150 jours/an, votre tarif journalier moyen doit donc être supérieur ou égal à 460 € (69000/150).

Le forfait

Autre possibilité : la facturation au forfait, c’est-à-dire sur la base d’offres packagées dont le prix est déjà fixé à l’avance. Cette solution ne tient pas compte du temps passé, du moins pas de façon explicite. Elle permet au client de garder la maîtrise du coût représenté par la prestation, mais peut se retourner contre vous si vous ne maîtrisez pas assez bien votre temps, notamment au démarrage de votre activité. Éventuellement, vous pouvez convenir d’un supplément en cas de dépassement du temps prévu.

Article rédigé le 30 Mar 2021

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