Par Charlène MARCONE - Devenir consultant indépendant

L’herbe serait-elle plus attirante du côté des verts pâturages de l’indépendance ? À en croire une récente étude* menée par Malt et Drag’n Survey, un nombre important d’actifs envisagerait de se lancer dans l’aventure du freelancing à plus ou moins brève échéance. Une tendance croissante principalement motivée par une envie de gagner en autonomie et en flexibilité qui s’est affirmée en temps de crise.

Devenir freelance : un projet de plus en plus envisagé

Selon l’étude réalisée par Malt et Drag’n Survey, près de 43 % des personnes sondées envisageraient de devenir freelance prochainement. Pour près de 63 %, la crise a été un élément déclencheur dans cette prise de décision, mais c’est loin d’être la seule chose qui a pesé dans la balance.

En tête des raisons les plus évoquées par les personnes interrogées, on retrouve un désamour croissant pour le salariat (30,8 %), le fait que des personnes de l’entourage aient ouvert la voie en prenant leur indépendance (25,2 %) ou encore une crise qui a sonné comme une opportunité de changer de carrière (23,8 %). Moins fréquent, c’est un changement de situation (8,3 %), la perte d’un emploi (6,5 %) ou un manque de confiance suite à la mise en chômage partiel (4,6 %) qui a été à l’origine de cette décision.

Enfin, on apprend également que parmi les personnes intéressées par l’indépendance, 81,3 % estiment que le fait de vouloir devenir freelance est un véritable choix, contre les 18,7 % qui le considèrent comme un choix « par défaut », en l’absence d’autre alternative.

Pour 14,8 % des sondés attirés par le freelancing, la concrétisation de cet important changement de carrière pourrait avoir lieu :

  • dans moins de 3 mois, pour 25,9 % 
  • dans 3 à 5 mois, pour 27,7 % 
  • dans 6 à 8 mois, pour 14,3 % 
  • dans 9 à 11 mois
  • enfin, pour 17,3 %, l’échéance est fixée à 12 mois ou plus.

Un désamour du salariat classique

Comme évoqué précédemment, une bonne partie des sondés justifient leur attirance grandissante pour le freelancing par un manque d’intérêt croissant envers le salariat. Mais qu’est-ce qui explique cette désaffection ?

Parmi les reproches les plus souvent formulés à l’encontre du salariat, on retrouve :

  • Un manque de visibilité sur le futur (26,2 %)
  • Un salaire pas satisfaisant (21,8 %)
  • Un manque de flexibilité et d’autonomie (19 %)
  • Un mauvais management durant la crise sanitaire (11,6 %)

Les salariés déçus déplorent également une perte de confiance envers leur actuelle ou ancienne entreprise (6 %) ou une perte de sens (5,6 %). 9,9 % des personnes sondées n’ont en revanche pas de reproche à formuler.

En tournant le dos au salariat, les personnes interrogées espèrent pouvoir profiter d’avantages en lien avec un mode de travail plus libre :

  • Plus d’autonomie et de flexibilité dans le cadre de leur activité (39,4 %)
  • Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (23,7 %)
  • Un salaire plus élevé (17,9 %)
  • Davantage de challenges (7,7 %)
  • Ne plus avoir à rendre des comptes à un patron (7,4 %)
  • La possibilité de choisir leurs clients et leurs missions (4 %)

Les domaines envisagés dans le cadre de cette reconversion se répartissent entre la communication / marketing (23,7 %), la Tech (développement informatique, data, engineering, conception de jeux vidéo, etc.), le design / création (15,3 %), la gestion de projet (12,5 %), la formation (11,8 %) et le conseil aux entreprises (11,6 %).

Devenir freelance : obstacles et compétences

Même séduites par ces nouvelles perspectives, les personnes qui souhaitent embrasser la carrière de freelance à plus ou moins brève échéance ne manquent pas de discernement pour autant.

Conscientes des risques associés à ce type d’activité, elles pointent quelques obstacles, notamment la crainte de ne pas trouver de client pour 35 % d’entre elles, une dimension administrative trop lourde (19,9 %), le manque de protection sociale, de retraite et l’absence de capacité d’emprunt (17,6 %) ou encore la peur de mettre en danger leur famille (7,9%). Parmi les autres obstacles évoqués, on note la crainte d’être isolé (7,4 %), le fait de ne pas être assez expérimenté (7,2 %) ou des difficultés liées au démarrage de l’activité (4,9 %).

Par ailleurs, les freelances en devenir n’oublient pas que le virage vers l’indépendance s’accompagne du déploiement de certaines compétences-clés. 37,9 % considèrent ainsi que l’écoute et la communication sont les qualités les plus importantes pour se lancer. La discipline et l’organisation suivent de très près avec 35,1 %. Viennent enfin la capacité à se vendre avec 18,4 % et l’expertise technique, avec seulement 8,6 %.

Sont-ils pour autant confiants quant à leur choix de projet ? Il semblerait que oui, puisque près de 11 % indiquent un niveau de confiance « très élevé », 32,9 % un niveau « élevé » et 37,8 % un « bon » niveau de confiance. Les sondés qui affichent un niveau de confiance « moyen » sont 15,4 % et seuls 1,6 % et 1,2 % admettent avoir respectivement un faible ou un très faible niveau de confiance à l’égard de ce nouveau choix de carrière.

Pourquoi ne pas devenir freelance ?

Même si elle a gagné du terrain durant cette période de crise, la perspective de devenir freelance est encore loin de faire l’unanimité. Parmi les raisons les plus invoquées par celles et ceux qui ne souhaitent pas devenir freelances, on retrouve en premier lieu une majorité de salariés qui se disent en phase avec leur statut actuel (43,5 %) et ne voient donc pas forcément l’intérêt de changer.

Les autres réponses indiquées témoignent dans l’ensemble d’une certaine inquiétude à l’égard de ce mode de travail qui offre beaucoup de libertés, mais s’accompagne aussi de certains risques et de contraintes :

  • La volonté de ne pas faire porter de risque à sa famille (11,5 %)
  • L’absence de fibre entrepreneuriale (11,2 %)
  • La peur de ne pas dénicher de clients (10,5 %)
  • Une expérience jugée insuffisante (8,6 %)
  • Une précédente expérience en freelance qui n’a pas porté ses fruits (5,3 %)
  • L’absence de protection sociale, de retraite ou de capacité d’emprunt (4,12 %)
  • Un aspect administratif trop lourd (1,9 %)
  • Une peur de se retrouver isolé (1,2 %)

* Étude nationale menée par Malt et Drag’n Survey par internet, du 14 au 16 février 2021, sur un échantillon de 1019 personnes de 4 CSP (Cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires, employés, sans activité professionnelle), tous secteurs confondus.

Article rédigé le 06 Juil 2021

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