Par Vanessa VANDERHAEGHEN - Bien gérer mon activité

Dans notre monde hyper-connecté, se concentrer relève souvent du défi. Ah, tiens, un mail du fournisseur. Oh, 3 notifications sur LinkedIn. Ding, un message du manager. Difficile de rester focus sur un sujet lorsque vous êtes interrompu de toute part. Découvrez la méthode développée par Cal Newport pour (ré)apprendre à vous concentrer efficacement et améliorer votre productivité.

“Deep work” : de quoi parle-t-on ?

Le deep work, qui signifie littéralement “travail profond”, est une méthode de concentration qui nous vient de Cal Newport, écrivain et professeur américain. Après avoir constaté que nous étions en lutte permanente contre toutes sortes de distractions qui nous empêchent de travailler efficacement, il a développé un mode de travail qui permet de rester profondément concentré afin d’être plus productif. Selon un sondage mené en 2016, en moyenne, les employés travaillent de façon productive 2 h 23 par jour. Si l’on considère nos 7 à 8 heures de travail quotidien, c’est peu ! 

Selon Cal Newport, nous pensons trop souvent que rester concentrer est une habitude à prendre. Lui, à l’inverse, est persuadé que s’est une compétence qui s’acquiert et qui demande de l’entraînement avant d’être maîtrisée.

Les grands principes du deep work

Dans son livre, Deep work, retrouvez la concentration dans un monde de distractions, Cal Newport distingue quatre façons d’expérimenter le travail profond.

  1. L’approche “monastique” consiste à s’éloigner au maximum de toutes distractions. Pour cela, supprimer les tâches les plus superficielles, déléguer tout ce qui peut l’être, laissez votre smartphone à la maison et isolez-vous physiquement pendant plusieurs jours afin de conditionner votre esprit à ce qui l’attend : un travail profond. En d’autres termes, vivez comme un moine dans un monastère.

     

  2. L’approche “bimodale” est une approche un peu moins radicale. Il s’agit de s’organiser en amont de sorte à intégrer le deep work à votre emploi du temps. Cette organisation peut, par exemple, se faire à l’échelle d’un mois, d’une semaine ou d’une journée. Vous pouvez prévoir de vous isoler une semaine, ou quelques jours, pour vous consacrer entièrement à un projet. Notez cependant que, d’après Cal Newport, il est difficile de rester très concentré plus de 3 à 4 heures par jour. D’où l’intérêt de prévoir des “blocs de temps” dans son planning.

     

  3. L’approche “rythmique”. Derrière cette notion de rythme, on retrouve l’idée de routine. En créant des habitudes, vous conditionnez votre cerveau et il se laissera moins facilement distraire. À vous de placer les sessions de deep work aux moments de la journée où vous vous sentez le plus productif et de faire de ces séances une habitude. Vous pouvez, par exemple, instaurez le deep work tous les matins de 8 h à 10 h, puis de 14 h à 16 h. En vous installant dans une pièce dédiée à ce travail profond, vous renforcerez le rituel et aiderez davantage votre cerveau.

     

  4. L’approche “journalistique” consiste à entrer en deep work dès que l’occasion se présente, un peu comme on entrerait en méditation. Avant d’arriver à ce niveau, il faut être suffisamment entraîné et être capable de s’isoler, sinon physiquement, au moins mentalement, à la manière d’un journaliste capable de rédiger un article n’importe où, dans un train comme dans un café. Il faut donc d’abord avoir régulièrement pratiqué les autres modes de travail profond et les maîtriser.

L’intérêt du deep work pour le consultant indépendant

Le deep work est très utile pour un consultant indépendant qui doit réaliser une mission. Que vous travailliez sur site ou de chez vous, vous aurez besoin de temps dédié à l’avancement de votre projet. Bien sûr, n’imaginez pas pouvoir être profondément concentré dès que vous vous mettrez au travail. D’une part, toutes les tâches que vous devez réaliser ne nécessitent pas une grande concentration, d’autre part, c’est tout bonnement impossible ! Le secret du deep work réside justement dans la capacité des travailleurs à faire des pauses aux bons moments. Et ça tombe bien, car le consultant indépendant a souvent la possibilité de gérer lui-même son emploi du temps. Vous pourrez pratiquer le deep work à votre aise, en alternant sessions de travail intense et pauses bien méritées. Si vous êtes interrompus trop souvent, n’hésitez pas à partager cette méthode de travail avec vos collaborateurs. Elle pourra également leur être utile.

Comment appliquer le deep work à son activité de consultant ?

Les nouvelles technologies et la connectivité rendent la pratique du deep work particulièrement difficile, mais pas impossible. Voici quelques conseils pour un deep work réussi :

  • Avant toute chose, apprenez à vous ennuyer ! Depuis l’avènement du smartphone, nous avons introduit un très mauvais réflexe dans notre cerveau : ennui = distraction. Casser ce mécanisme, c’est ré-apprendre à notre cerveau à se passer de ces stimuli auxquels il a été habitué et à laisser le monde tourner en ignorant nos mails, notifications et autres informations rarement importantes. Ainsi libéré, votre esprit fera preuve de davantage de créativité.
  • Identifier les tâches qui demandent un vrai travail de réflexion et séparez-les des tâches plus mécaniques ou superficielles. Les deux coexistent et sont nécessaires, mais ne demandent pas le même niveau de concentration ni le même temps d’exécution.
  • Prévoyez du temps pour les tâches qui exigent une grande concentration et fragmentez votre travail. Ce n’est pas parce que vous estimez avoir besoin de 6 heures de travail pour accomplir une tâche que vous pourrez travailler efficacement durant 6 heures d’affilée, même si vous avez tout ce temps devant vous.
  • Coupez-vous du monde. Que ce soit pour quelques heures ou quelques jours, soyez inaccessible sauf en cas d’extrême urgence. Si besoin, prévenez vos collaborateurs et votre entourage de votre indisponibilité.
  • Accordez-vous des pauses, mais pas n’importe lesquelles. Prenez l’air, buvez un café ou faites une grille de mots-croisés, mais évitez d’aller sur votre smartphone. Aller se dégourdir le pouce 5 minutes sur Facebook n’est pas une bonne idée ! Après une intense session de deep work de plusieurs heures, vous aurez besoin d’une vraie coupure pour recharger les batteries.
  • Si vous êtes au bureau, tentez de vous isoler, un casque et une musique sans parole pour ne pas entendre le brouhaha de l’opens pace peuvent vous y aider. 
  • Fixez-vous des règles en amont et, surtout, respectez votre routine !

Mesurer les effets du deep work 

Il arrive, lorsqu’on est profondément concentré, de perdre la notion du temps. On est généralement très productif et motivé. Il en ressort une grande satisfaction, une énergie positive, voire une exaltation ! Pris dans cet élan, le plus difficile est d’être raisonnable et de savoir s’arrêter avant l’épuisement. D’où l’importance de faire des pauses aux bons moments. Vous aurez beaucoup plus de facilité à pratiquer le travail profond et à résister aux distractions avec un esprit bien reposé. Les temps “off” font partie du deep work et vous apportent bien plus que vous ne le pensez !

Pour vous aider à mettre en place le deep work, n’hésitez pas à utiliser des outils comme la méthode Pomodoro qui vous aidera à retrouver le plaisir de la concentration. Cette technique consiste à minuter des sessions de 25 minutes, entrecoupées d’une pause de 5 minutes, où vous vous consacrez à 100 % à une seule tâche. Toutes les quatre sessions, vous vous accordez 20 minutes de pause. À force d’observation et de pratique, vous saurez quelle durée appliquer à vos sessions pour que le deep work reste une méthode efficace. Vous apprendrez également à mieux évaluer le temps pour la réalisation d’une mission.

Les outils de gestion de temps tels que Toggl peuvent aussi vous permette de mesurer le temps passé sur une tâche précise. En prenant conscience du temps nécessaire pour l’effectuer, vous saurez mieux la planifier lorsqu’elle se présentera à nouveau. 

Comme toute nouvelle habitude, le deep work vous demandera de la pratique et du temps avant de pouvoir en mesurer les bénéfices. Mais une fois en place, vous ne pourrez que constater l’efficacité d’une telle méthode sur votre productivité. 

Article rédigé le 29 Sep 2020

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