Par Arthur Avranches - Devenir consultant indépendant

Reconnu pour son dynamisme, le secteur de l’immobilier génère chaque année de nombreuses vocations. Certains agents immobiliers ont commencé leur carrière dans ce secteur en débutant tout en bas de la hiérarchie ; d’autres y ont trouvé leur bonheur après une période de reconversion, parfois longue et fastidieuse.  Découvrez quelles sont les différentes options qui s’offrent à vous, quelle que soit la raison que vous a mené à envisager de devenir agent immobilier indépendant !

Quel est le profil de l’agent immobilier indépendant ?

Pour exercer la profession d’agent immobilier, il est évidemment nécessaire d’apprécier le contact humain, mais aussi d’avoir un goût certain pour le challenge. C’est qu’il n’est pas toujours facile de trouver un bien sur un marché aussi tendu et concurrentiel. C’est pourtant ce qui motive très exactement les hommes et les femmes qui choisissent cette voie aussi exigeante qu’exaltante.

Très bien organisé, l’agent immobilier n’a pourtant pas peur de chambouler son emploi du temps ou d’effectuer des heures supplémentaires, si les circonstances l’exigent. Une profession qui nécessite donc à la fois de la rigueur, de la réactivité et de l’endurance, mais aussi une connaissance approfondie et à jour du cadre juridique et réglementaire, d’autant que celui-ci évolue régulièrement.

À quoi faire attention avant de lancer votre activité ?

Devenir indépendant n’est pas le genre de décision qui se prend à la légère. Aussi enthousiasmant soit-il, ce type de projet nécessite des aptitudes bien spécifiques dont tous les professionnels ne sont pas forcément dotés. Avant de vous engager dans cette voie, avez-vous pris le temps de vous poser les questions suivantes ?

  • Ai-je une assise financière suffisante ? Créer son activité, cela demande du temps, mais aussi de l’argent. D’autant que vous ne serez pas forcément rentable avant quelques mois.
  • Est-ce le moment opportun pour me lancer ? La naissance d’un enfant, le licenciement du conjoint, la construction d’une maison… Il est parfois plus sage de retarder un peu son projet pour ne pas risquer de le compromettre.
  • Quel est le statut le plus adapté à la nature de mon projet ? Chaque statut possède ses forces et ses faiblesses, que cela soit en matière de protection, de flexibilité ou de formalités. Il est essentiel de s’y attarder afin de faire un choix en toute connaissance de cause.
  • Quelles sont les compétences requises pour mener ce projet ? Le secteur immobilier exige de nombreuses compétences relationnelles et techniques. Il est important de les entretenir, d’autant plus lorsque l’on exerce en qualité d’agent immobilier indépendant.
  • Quelles sont les aides dont je peux bénéficier ? Il existe des aides et programmes d’accompagnement, proposés par l’État et les collectivités territoriales, spécifiquement destinés aux créateurs d’entreprise.
  • Quelles sont les vraies raisons qui me poussent vers l’entrepreneuriat ? Un tel projet peut être parfois guidé par l’envie de fuir un contexte salarial trop pesant, bien plus qu’une réelle volonté de créer sa propre activité.

Quel statut pour devenir agent immobilier ?

Première possibilité pour devenir agent immobilier : s’associer afin de créer une agence. Celle-ci peut prendre la forme d’une SARL, d’une SA ou d’une SAS. Si ces structures juridiques se distinguent sur de nombreux aspects, elles possèdent toutes un point commun : des formalités administratives et comptables très complexes.

Si l’agent immobilier a pour objectif de lancer son projet en solitaire, il peut le faire en choisissant l’une des solutions suivantes :

  • L’entreprise individuelle : structure simplifiée dépourvue de personnalité morale, l’entreprise individuelle est confondue avec l’entrepreneur sur le plan juridique. Pour limiter sa responsabilité et ainsi protéger son patrimoine personnel, il peut néanmoins opter pour l’EIRL.
  • Le statut micro-entrepreneur : parfois associé, à juste titre, aux travailleurs précaires, ce statut permet de démarrer une activité très rapidement. La contrepartie de cette grande accessibilité est une couverture sociale limitée et un chiffre d’affaires soumis à plafonnement.
  • La société unipersonnelle : dérivés de la SARL et de la SAS, l’EURL et la SASU permettent à un associé unique de créer sa société. Mieux protégé qu’en entreprise individuelle, il doit cependant faire face à des formalités plus lourdes et couteuses.
  • Le statut d’agent commercial : indépendant, l’agent commercial travaille en étroite collaboration avec des agences immobilières. Il est le plus souvent payé à la commission, sur les ventes finalisées.

Dans tous les cas, l’agent immobilier indépendant ou associé doit détenir une carte T professionnelle pour prétendre à l’exercice de l’ensemble des activités liées à sa profession, plus spécifiquement ce qui concerne la réalisation des transactions immobilières.

Avez-vous déjà pensé au portage salarial ?

Le portage salarial est né dans les années 1980 pour répondre à une situation de chômage prolongée dans laquelle se trouvaient alors de nombreux cadres séniors. En près de 30 ans d’existence, ce statut a connu de nombreuses évolutions, devenant une forme d’emploi ouverte à de nombreux profils différents.

De plus en plus populaire dans le milieu des professionnels de l’immobilier, le portage salarial emprunte aussi bien au salariat classique qu’aux statuts indépendants. Détenteur d’un contrat de travail (CDD ou CDI), le « salarié porté » est rattaché à une société de portage salarial par le biais de laquelle il peut proposer ses services aux entreprises de son choix.

Bien que totalement autonome, il bénéficie d’un accompagnement administratif et de l’accès à un certain nombre de services allant de la formation professionnelle aux offres de mission exclusives, en passant par une mise en réseau. En tant que salarié, il profite également d’une couverture sociale avantageuse, d’une mutuelle d’entreprise, d’une assurance RC professionnelle et même de droits au chômage.

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L’agent immobilier en portage salarial

Le portage salarial est une forme d’emploi singulière à plus d’un titre. Du fait de l’évolution de son cadre juridique, les experts de l’immobilier peuvent eux aussi profiter de ses spécificités. Mais attention, cette possibilité s’accompagne de quelques restrictions !

Les activités autorisées en portage salarial

Bien qu’il se soit progressivement ouvert à de nouvelles professions depuis sa création, le portage salarial immobilier ne permet toujours pas l’exercice d’une activité réglementée. Un agent immobilier détenteur de la carte T peut donc théoriquement exercer en portage salarial, mais il lui est impossible de réaliser des transactions dans le cadre de ce statut, étant donné la réglementation relative à ce type d’activité.

S’il n’est pas détenteur de la carte T, il est par ailleurs obligé de collaborer avec une agence immobilière pour pouvoir bénéficier de la carte T de cette dernière.

Pourquoi devenir négociateur plutôt qu’agent immobilier ?

Comme indiqué précédemment, la profession d’agent immobilier est en partie incompatible avec le portage salarial. Cela ne signifie pas pour autant que les experts de l’immobilier doivent faire l’impasse sur cette solution très attrayante. Bien au contraire ! Le portage salarial est en effet parfaitement adapté à la négociation immobilière.

Intermédiaire indispensable entre les agences immobilières et leurs clients, les négociateurs immobiliers ont pour rôle de prospecter des biens (maison, appartement, terrain), les estimer, mettre en valeur les annonces, trouver de potentiels acquéreurs et réaliser des visites. Les consultants immobiliers sont de plus en plus plébiscités par les agences immobilières. De nos jours, ces dernières privilégient en effet le recours aux indépendants plutôt qu’à l’embauche de salariés, principalement pour des raisons de flexibilité.

Grâce au portage salarial, le négociateur immobilier indépendant peut se concentrer sur le développement de son activité, en confiant sa gestion administrative à la société de portage et en profitant de ses différents services.

Quel est le salaire du négociateur immobilier en portage salarial ?

Particulièrement prenant et exigeant, le métier de négociateur immobilier peut se révéler très intéressant sur le plan financier, à condition de faire preuve d’implication et travailler d’arrache-pied pour combler ses éventuelles lacunes. Il n’est ainsi pas rare qu’un négociateur immobilier un peu expérimenté parvienne à se dégager un chiffre d’affaires supérieur à 60 000 € brut.

En portage salarial, le chiffre d’affaires du négociateur est soumis à divers prélèvements sociaux, mais aussi à des frais de gestion. De 7 % à 10 %, cette commission permet à la société de portage salarial de rémunérer ses services et son accompagnement. Après prélèvement des cotisations et frais de gestion, le négociateur est alors en mesure de toucher un salaire net correspondant à environ la moitié de sa facturation HT.

Signalons enfin que pour pouvoir bénéficier du portage salarial, il est nécessaire de toucher un revenu minimum. Celui-ci est de 70 % à 85 % du montant de la Sécurité Sociale, selon le profil du salarié porté (junior, sénior ou au forait-jour).

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5 conseils pour bien démarrer votre activité dans l’immobilier

Aucun professionnel n’est à l’abri d’une erreur, surtout avec une activité aussi trépidante que la négociation immobilière. Voici quelques conseils que nous vous conseillons de suivre à la lettre si vous voulez soigneusement éviter les principaux pièges qui vous attendent sur votre route !

① Consolidez votre réseau professionnel

Quand on fait le choix de devenir indépendant, il est important de mettre toutes les chances de son côté. L’une des clés de la réussite, notamment lorsque l’on évolue dans le très concurrentiel secteur immobilier, réside dans la construction d’un réseau professionnel fort. Prendre le temps de le développer, en participant par exemple à des événements networking, c’est multiplier ses chances de satisfaire sa clientèle.

② Négociez vos frais professionnels

Étant amené à vous déplacer régulièrement dans le cadre de vos missions, attendez-vous à faire face à de grosses dépenses professionnelles. Pour les réduire au maximum, il est crucial de négocier la prise en charge de vos frais kilométriques au moment de contractualiser votre collaboration avec les agences immobilières.

③ Développez vos compétences

Du fait de sa grande vivacité, le secteur de l’immobilier évolue très vite. Pour rester dans la course et être en mesure de conserver votre compétitivité face à des professionnels parfois très motivés, assurez-vous de bien travailler sur vos lacunes, et prenez soin d’entretenir vos compétences techniques et vos connaissances juridiques.

④ Travaillez votre e-réputation

Les agences immobilières apprécient les négociateurs qui savent faire preuve de sérieux. Pour être certain de faire bonne impression, prenez le temps de renseigner au minimum votre profil sur LinkedIn, et faites attention à l’image que vous renvoyez sur Twitter, Instagram ou Facebook. L’objectif est que votre présence en ligne ne vous desserve pas !

⑤ Soyez à l’écoute des besoins de vos clients

Il n’est pas rare qu’un vendeur ou un acquéreur éprouve des difficultés à exprimer clairement ses besoins. Apprenez à écouter, mais aussi à découvrir les désirs profonds qui peuvent parfois se cacher derrière un silence ou une hésitation. C’est ainsi que vous serez en mesure de répondre efficacement aux demandes de vos clients !

Article rédigé le 07 Nov 2018

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