Par Marie-Laure Sainte Croix - Bien gérer mon activité

“Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins à vent” : un proverbe chinois qui prouve l’intérêt de la résilience au travail. Face à l’adversité, il vaut mieux aller de l’avant ! Découvrez nos conseils pour gagner en résilience au travail.

Qu’est-ce que la résilience ?

En psychologie, la résilience est la capacité à vivre, à réussir et à se développer en dépit de l’adversité. Ce concept a été popularisé en France par Boris Cyrulnik, un neuropsychiatre. La résilience consiste à se reconstruire après un traumatisme, mais de façon différente. On trouve 2 attitudes après un choc traumatique : soit on rumine et on accroît l’impact de cet événement ; soit on en parle et on va de l’avant pour atténuer sa douleur psychique. C’est cette dernière attitude qu’on appelle résilience.

On trouve un parfait exemple de résilience dans la nature : après un incendie, la faune et la flore sont détruites. Quelques mois ou années après, la végétation repousse et la faune revient, mais différemment et avec d’autres espèces. Un nouvel écosystème se met en place. Le mécanisme est exactement le même pour un être humain, dans sa vie personnelle ou professionnelle.

Qu’est-ce que la résilience au travail ? 

La résilience au travail est une capacité qui nous permet de vivre de façon flexible les situations de crise qui ont lieu dans notre environnement professionnel. Cela peut être des situations stressantes, des problèmes hiérarchiques, des affaires judiciaires, des banqueroutes, etc. Face à ces événements déstabilisants, avoir une bonne capacité de résilience nous permettra de rebondir et d’aller de l’avant en s’adaptant à la situation.

Les étapes de la résilience

La résilience se fait généralement en 3 étapes. Pour bien les comprendre, nous allons utiliser l’exemple de la crise du Covid19 qui a fortement touché les professionnels. 

→ Phase ① : la sidération

Aux premiers jours du déconfinement, 1 salarié sur 2 se trouvait en situation de détresse psychologique, voire de détresse élevée pour 17% d’entre eux (3ème baromètre Empreinte Humaine sur l’état psychologique, les risques psychosociaux et la résilience des salariés français en juin 2020). Les 2 mois de confinement ont été un choc traumatique pour les salariés et beaucoup ont craint le retour au bureau. Cet état d’angoisse et de sidération amène les individus à se remettre en question.

→ Phase ② : la réorganisation

Après la phase de sidération qui peut être plus ou moins longue selon la situation et l’individu, vient la seconde phase de la résilience : la réorganisation. Cette phase peut autant durer quelques semaines que quelques années selon le choc de l’événement. La remise en question entraîne de nombreux changements : nouvelles priorités, nouveaux intérêts, prise de conscience de la valeur de la vie, etc. 

→ Phase ③ : le rebond

Pour rebondir et trouver un nouvel équilibre, on considère 4 facteurs de protection internes et externes qui permettent d’arriver à cet état : le tempérament de la personne, sa motivation et sa confiance en elle ; le soutien extérieur des relations familiales ou sociales ; le cadre de vie protecteur et bienveillant et le partage de l’événement traumatique par l’entraide et les échanges. Tous ces facteurs aident les individus à se reconstruire et à rebondir.

Intérêt de la résilience pour le consultant indépendant

La résilience et le développement de la résilience au travail apporte de nombreux bénéfices aux consultants indépendants : 

→ apprendre à se gérer soi-même, son énergie et sa manière de travailler ;

→ développer un état d’esprit positif grâce aux “quick wins” et réduire les effets du stress ;

→ quand on travaille sur sa résilience, la qualité du sommeil augmente de 86% et la concentration de 43% selon une étude du Resilience Institute de 2016 ;

→ avoir plus confiance en soi et prendre davantage de décisions importantes.

Comment développer sa résilience au travail ?

La résilience n’a rien d’une qualité innée. C’est une capacité qui vient avec l’expérience et l’entraînement. Il existe plusieurs moyens pour la développer dans le monde professionnel et profiter de ses bénéfices.  

accepter les obstacles : les obstacles sont une opportunité pour apprendre. Soyez persévérant et ne baissez pas les bras face aux premières difficultés pour atteindre le succès.

être à l’écoute de ses émotions : identifiez vos émotions pour adapter vos réactions. Il peut être difficile de les nommer, alors prenez l’habitude de les identifier tout au long de la journée, comme un entraînement. 

travailler ses réussites : au lieu de ressasser vos erreurs, concentrez-vous sur vos réussites et expériences positives et réfléchissez à la meilleure façon de les maintenir dans la durée, en créant de nouveaux process.

être flexible face aux changements : ne soyez pas réfractaire aux évolutions pour développer votre résilience. Adaptez-vous, même s’il faut faire des efforts supplémentaires. Cela vous permettra d’aller de l’avant face à n’importe quelle situation.

développer son empathie : si certaines personnes sont naturellement empathiques, d’autres ont besoin de renforcer cette qualité. Pour ce faire, vous pouvez imaginer le ressenti et le point de vue de votre interlocuteur pour mieux le comprendre.

apprivoiser l’incertitude : inutile d’essayer de contrôler l’incertitude, c’est impossible. Il faut l’accepter et vivre avec afin que cela ne vous paralyse pas lors d’une crise, mais vous pousse à vous mettre en action.

être patient : l’obsession des résultats fait prendre des décisions précipitées qui peuvent s’avérer mauvaises. Développez votre patience et contrôlez vos impulsions pour prendre des décisions réfléchies et utiles.

créer du lien social : la proximité entre collègues est un moteur de la résilience. Le lien social est sécurisant et permet de se sentir moins en danger face aux obstacles. Pouvoir compter sur d’autres personnes fait rebondir plus facilement, avec un niveau de stress moindre.

Article rédigé le 10 Nov 2020

Les commentaires sont fermés.