Par Richard Myrtil - Partenariats

Après nous être penchés sur la phase d’amorçage du programme Les Entrep’ et la construction des projets, voici venu le moment d’aborder la phase de finalisation de cet entraînement à la création d’entreprise proposé par l’ANLE, et plus spécifiquement sur le rôle joué par le coach pendant de cette ultime étape. L’occasion pour nous de recueillir les impressions de deux de nos consultants impliqués auprès des étudiants.

 Concrétiser les efforts de plusieurs mois

Toutes les bonnes choses ont une fin. Les Entrep’ ne dérogent pas à la règle ! S’étalant de début janvier à fin mars, la dernière et ultime étape du programme d’entraînement réservé aux porteurs de projets en fin d’étude est consacrée à la formalisation de leurs projets.

Concrètement, il s’agit de :

  • Construire le plan d’affaires et les comptes prévisionnels du projet d’entreprise,
  • Découvrir les caractéristiques des différents statuts juridiques, notamment sur le plan fiscal et juridique,
  • Élaborer un plan de financement en identifiant les différentes sources de financement,
  • Prendre connaissance des indicateurs clés d’analyse de plan d’affaires utilisés par les comités d’engagement,
  • Apprendre à pitcher son projet devant des professionnels et des décideurs,
  • Faire valider son business plan chiffré.

Comme lors des précédents mois, cette dernière étape est ponctuée de plusieurs rencontres et d’interventions avec des coachs et des experts (entrepreneurs, chefs d’entreprises, experts-comptables, experts financiers…).

Un programme complet qui se termine par la remise des livrables en vue de l’évaluation des dossiers de certification : un business model CANVAS, un business plan rédigé, le tableau de bord complété et un clip vidéo de 30 secondes présentant le projet sur lequel ont travaillé les étudiants.

 

 

 Au cœur de la fonction de coach

Durant cette 3e étape très chargée, l’appui d’un professionnel est essentiel pour des étudiants qui ne doivent pas céder face au sentiment de doute qui peut les envahir et les amener à tout remettre en question au moment le moins opportun.

Renaud de la Ruelle, conseiller pour les organisations depuis 1986, témoigne de la difficulté de ce sprint final : « Le rush de la dernière ligne droite est très serré, car les étudiants mènent cette certification en parallèle de leurs études. Ils jonglent avec leurs emplois du temps, avec leurs travaux divers ; ce qui les prépare déjà à leur vie professionnelle.»

Cette forte pression due aux enjeux et au sentiment d’urgence est néanmoins l’occasion de trouver des solutions ingénieuses et, pour chacun des étudiants, de donner le meilleur de lui-même. Des situations auxquelles ont pu assister nos coachs.

Renaud de la Ruelle : « Le rôle de coach est essentiel dans les moments de doute qui sont inévitables, car il faut leur montrer que le doute permet d’avancer et de rebondir pour mieux affiner son projet. »

Julie Herfort, consultante en organisation et en systèmes d’information depuis 20 ans, évoque le cas spécifique de son équipe composée d’étudiants issus de différentes cultures : « Ils ont vite compris l’intérêt de se partager le travail pour avancer. J’ai eu l’impression qu’ils avaient à cœur de mettre en application chaque apprentissage reçu aux Entrep’s ou de leur parrain. Je ne les ai jamais vus se décourager, même quand ils avaient l’impression de ne pas avancer assez vite, faute de temps. Ils sont restés fermes sur leur idée de départ, mais ont accepté l’idée d’un service minimum (MVP) au départ et de la mise en oeuvre progressive des services restants. »

Attentif, le coach veille toutefois à ne pas trop interférer dans les projets pour laisser les étudiants raisonner par leurs propres moyens, sauf lorsque la situation l’exige. Justement, quelle attitude adoptent nos coachs lorsque leur équipe se retrouve confrontée à une difficulté ?

Renaud de la Ruelle : « En leur posant les questions qui les aident à trouver les réponses, en leur rappelant le chemin qu’ils ont parcouru, en leur donnant quelques pistes, quelques noms de personnes à contacter, je les aide à se relancer. »

Julie Herfort : « En leur apportant des réponses soit en termes de méthodologie, soit en termes d’organisation du travail. Quand la difficulté relève plus d’une baisse de motivation, la reconnaissance du travail accompli suffit à rebooster l’équipe. »

Notre consultante illustre son rôle avec un exemple concret tiré de son expérience de coaching : « Au moment de la coordination du traitement des enquêtes clients, l’équipe avait obtenu un bon taux de retour à leur enquête terrain. Alors que l’analyse se révélait fastidieuse, j’ai proposé une méthode permettant de cibler les profils de client les plus importants pour le projet. »

coach equipe les entrep

Gaëlle Obrénovitch, membre du réseau Cadres en Mission, accompagnée de son équipe, Holophore.

 Accompagner, transmettre et se montrer disponible

Pour les coachs, suivre de près les projets et conseiller au mieux leur équipe requiert une vraie organisation, qu’il faut intégrer dans un emploi du temps généralement assez chargé. Heureusement, la technologie permet aux étudiants de rester constamment en contact avec leur coach et de le solliciter lorsque le besoin s’en fait sentir.

Voici ce que Julie Herfort retient de cet accompagnement pas toujours simple à mener : « Il n’est pas toujours évident de se voir à une heure décente, donc les rendez-vous sont en soirée avec les contraintes que cela implique (retard, temps limité de l’échange…). Comme ils ne sont pas tous à proximité, les rencontres au complet ne sont pas évidentes. Heureusement les outils collaboratifs permettent de limiter les déplacements. »

Pour Renaud de la Ruelle, il s’agissait également de se rendre disponible pour répondre aux interrogations des étudiants : « Outre nos rencontres mensuelles, ils ont mes coordonnées (téléphone, mail) et savent qu’ils peuvent me joindre en dehors de ces temps mensuels. »

Malgré ces contraintes d’emploi du temps, les coachs rompus à l’accompagnement des porteurs de projets retirent de cette expérience une grande satisfaction, autant sur le plan professionnel que personnel.

Julie Herfort : « Considérant que j’avais une expérience suffisamment riche dans la Gestion de projet et que j’aurai du mal à apprendre encore sur ce domaine, j’ai pensé que le meilleur moyen d’en tirer satisfaction était de partager cette connaissance. Et quoi de mieux qu’une équipe jeune, avide d’apprendre et de réaliser l’atteinte de ses objectifs. »

Un sentiment de satisfaction partagé par Renaud de la Ruelle : « L’expérience est très enrichissante. Je suis prêt à recommencer cette action avec un autre groupe. »

En conclusion, ce sont encore nos deux consultants qui résument le mieux leur rôle de coach dans le cadre de ce programme. Pour Renaud de la Ruelle, être coach, c’est « accompagner, transmettre, faire le plein de vitalité. »

Pour Julie Herfort, il s’agit d’« être à l’écoute, savoir prendre la température de l’équipe et répondre aux besoins (même inavoués) de la façon la plus adéquate, sans ajouter au stress, à la charge mentale. Être disponible (même par téléphone). »

 

Merci à Julie Herfort et Renaud de la Ruelle pour leur témoignage enrichissant.

Merci également à tous les consultants du réseau Cadres en Mission, ayant participé au programme, pour leur implication et la transmission de leur savoir.

 

Retrouvez nos deux premiers articles : 

Les Entrep’ : le rôle de nos consultants en tant que coach 1/3

Les Entrep’ – Construire un projet entrepreneurial 2/3

Article rédigé le 27 Mar 2019

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