Travailleur autonome, le consultant en portage salarial est pleinement responsable de sa rémunération. Reste qu’il n’est pas forcément toujours évident de fixer ses tarifs, notamment en début d’activité ! Sur quels critères se baser ? Comment ne pas sous-évaluer son expertise sans toutefois froisser sa clientèle ? C’est tout l’enjeu d’une bonne tarification !

Pourquoi bien fixer son tarif en portage salarial ?

Le salaire mensuel versé au consultant par la société de portage salarial prend appui sur le chiffre d’affaires réalisé. S’il veut générer assez de chiffre d’affaires pour percevoir une rémunération correspondant à ses aspirations, il est donc essentiel pour lui de bien fixer le tarif de ses missions.

Le montant des honoraires demandés par le consultant en contrepartie de la réalisation de sa mission est abordé au moment de la négociation avec le client. Ce montant, tout comme les modalités d’intervention de la mission, est indiqué dans le contrat de prestation de service.

Quand on travaille en portage, bien fixer ses prix n’a pas seulement des conséquences sur le plan de la rentabilité. Il s’agit aussi d’une question de crédibilité. En effet, comment raisonnablement accorder sa confiance à un « expert » qui sous-évalue ses compétences ?

Exemple de calcul du tarif du consultant en portage 

Partons sur un salaire brut annuel prévisionnel de 70 000 €.

Schématiquement, cela donne :

  • + Charges patronales (52%) = 106 400 €
  • + Frais professionnels (5000 €) = 111 400€
  • + Frais de gestion (10%) = 123 778 €
  • Tarif journalier (218 jours ouvrés) = 568 €

Voici le calcul ci-dessus accompagné de quelques explications :

  • On obtient la masse salariale en ajoutant les charges patronales (52%) au salaire brut, donc 70 000 * 1,52 = 106 400 €
  • Puis, on ajoute les frais professionnels du consultant, ici estimés à 5 000 €, et on obtient 111 400 €
  • Reste encore à ajouter les 10 % correspondant aux frais de gestion prélevés par la société de portage salarial pour obtenir le chiffre d’affaires: 111 400/0.9 = 123 778 €
  • Par conséquent, le tarif journalier, pour 218 jours ouvrés, est de : 123 778/218 = 568 €

Toutefois, le salarié porté doit consacrer une partie de son temps à sa prospection et sa formation, le calcul ne peut donc pas se baser sur 218 jours.

Si l’on part du principe que le consultant consacre en fait 180 jours à l’exécution de ses missions, le tarif journalier est donc d’environ 688 € !

Définir son tarif en portage salarial : 3 méthodes

Il existe 3 principales méthodes, que nous allons détailler, pour déterminer vos honoraires de salarié porté.

1. Le chiffre d’affaires visé

En portage salarial, la rémunération perçue par le consultant correspond à environ la moitié du chiffre d’affaires qu’il réalise. Une donnée qu’il ne faut jamais perdre de vue quand il s’agit de négocier ses honoraires avec un client.

Ainsi, si le consultant vise une rémunération mensuelle nette de 4 000 €, il doit faire en sorte de négocier des honoraires assez élevés pour générer un chiffre d’affaires mensuel moyen supérieur à 8 000€, soit environ 100 000€ par an.

2. Le tarif du client

Parfois, c’est tout simplement le client qui dicte ses tarifs. C’est notamment le cas dans les secteurs où l’offre est plus forte que la demande ; il peut être alors difficile d’imposer ses tarifs face à des concurrents qui tirent volontairement les prix du marché vers le bas ou qui ne se vendent pas à leur juste valeur, à cause d’une concurrence trop rude.

Lorsqu’il n’y pas de négociation possible, si les honoraires proposés ne conviennent pas au consultant, il peut être tout simplement préférable de décliner l’offre de mission au profit d’une mission plus rémunératrice.

3. Le prix du marché

Par ailleurs, les professionnels sont tributaires de ce que l’on nomme les « prix du marché ». Autrement dit, il existe une moyenne de prix autour de laquelle gravite une majorité de prestataires de service exerçants dans un même domaine d’activité.

Cette moyenne, qui évolue au fil du temps, peut servir de point de départ à une négociation, l’idéal étant évidemment de parvenir à négocier des honoraires supérieurs à la moyenne, d’autant plus si l’expérience du consultant le justifie.

Vos interlocuteurs chez Cadres en Mission peuvent vous conseiller sur le taux journalier pratiqué.

Quels aspects font varier le tarif journalier en portage ?

Comme nous allons le voir, l’estimation d’un tarif journalier peut également grandement varier en fonction de la durée et de l’objectif de la mission, ou de l’expertise du consultant.

La durée de la mission

Lorsqu’une mission se caractérise par sa longueur, il peut être envisageable d’appliquer une remise. Il faut toutefois prendre garde à ne pas trop dévaluer ses honoraires. En effet, si cette mission longue est suivie d’une mission plus courte chez le même client, le consultant risque d’avoir toutes les peines du monde à justifier l’augmentation de son tarif journalier !

L’enjeu de la mission

Cependant, il n’est pas toujours pertinent de raisonner en termes de durée. En effet, il arrive qu’un consultant se voie confier une mission particulièrement brève, mais qui revêt une importance capitale pour l’entreprise cliente. Dans une telle situation, il est alors logique que les honoraires demandés soient à la hauteur de l’enjeu que représente la mission.

Les compétences utilisées

Les entreprises qui font appel à un prestataire de service payent certes pour la réalisation d’une mission, mais aussi pour avoir recours à une expertise. Ainsi, lorsque la mission nécessite l’emploi de compétences rares ou d’un niveau d’expertise élevé, il est tout à fait justifié d’évaluer ses honoraires en prenant en considération ce critère.

Pour aller plus loin concernant la rémunération du salarié porté :