Le CIR, Crédit Impôt Recherche, est un dispositif permettant aux entreprises engageant des dépenses en recherche et développement de bénéficier, sous certaines conditions, d’une déduction d’impôts. Si peu d’entreprises de portage salarial ont initié à ce jour une démarche d’obtention de l’agrément CIR, c’est le cas d’Intervenance NG, filliale du groupe Cadres en Mission.

Retour sur le cas concret de Valérie Cailliez, consultante en portage salarial, qui a pu faire bénéficier son client Tenthorey de ce dispositif, au travers de la société Intervenance NG.

 

Interview de Valérie Cailliez

Valérie, parlez-nous de votre domaine d’activité

Je suis consultante en stratégie et innovation. J’accompagne les entreprises en quête de renouveau dans le démarrage de nouvelles synergies d’innovation et les aide à réveiller leur créativité par des méthodes  ludopédagogiques. Je les aide ainsi à ouvrir leur champ des possibles avec des projets de croissance interne ou externe et à transformer leurs idées en business via le design et le management de l’innovation.

 Pour certaines d’entre elles, j’interviens sur des projets dont le niveau technologique et le caractère aléatoire du résultat les mènent dans l’univers de la recherche.

Pour quel type de mission avez-vous été sollicitée par votre client, Yves Dubief, Président de Tenthorey ?

Entreprise Innovantes Tenthorey

 

J’accompagne Tenthorey dans sa démarche d’innovation, tant interne qu’externe et j’agis parfois comme un chef de projet externalisé. Nous avons différents sujets en commun : des actions d’open innovation avec des start-ups mêlant textile, mode et technologie et des sujets de recherche sur les objets connectés et le textile fonctionnalisé.

Dans quel contexte le recours au Crédit impôt recherche s’est-il imposé ?

Dans le cadre d’un projet lié à du textile connecté, la mise au point du produit nécessite une approche méthodique complète. Ce, de l’état de l’art et la veille technologique, la mise au point d’une preuve de concept permettant de valider des hypothèses d’usage et d’identifier de premières pistes techniques servant à la conception d’un premier prototype fonctionnel puis à l’approche économique du produit avant d’envisager un premier prototype industrialisable.

Le produit visé n’étant en aucun cas issu d’un produit ou d’une technologie déjà existant, le résultat n’est absolument pas garanti et le risque d’échec est élevé. C’est la définition même d’un projet de recherche : forte avancée potentielle mais fort aléa du résultat. Il était indispensable d’avoir recours au Crédit d’Impôt Recherche pour financer en partie cette prise de risque.

Les différents partenaires techniques du projet étant agréés CIR, il semblait évident d’y faire appel pour ma propre prestation.

Vous avez pu réaliser la mission par le biais de la société Intervenance NG, qui bénéficie de l’agrément CIR ; pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Je suis dans le groupe Cadres en Mission depuis un peu plus de deux ans, impliquée fortement dans la création du pôle Recherche et Innovation et j’ai suivi toute l’évolution de la demande d’agrément CIR. Aussi, lorsque Cadres en Mission a pu communiquer sur l’obtention de l’agrément pour Intervenance, j’ai naturellement étudié la faisabilité du projet d’objet connecté de Tenthorey dans ce cadre.

Mon expertise et mon niveau de facturation étant compatibles avec le positionnement d’Intervenance, j’ai pu migré mes contrats avec Tenthorey et ainsi bénéficier du CIR. L’avantage est que j’ai pu conserver d’autres contrats avec les différentes entités du groupe Cadres en Mission et ce, pour des clients aux problématiques différentes. Ces clients sont aussi bien liés à la formation ou tout simplement référencés chez Cadres en Mission et dont le changement d’interlocuteur pouvait être plus complexe à réaliser avec leur service achat.

 

Interview de yves dubief

Laissons à présent la parole à Yves Dubief, président de Tenthorey et client de Valérie Cailliez.

Parlez-nous de votre entreprise et de son activité

Tenthorey est une PME textile créée en 1906. Basée dans les Vosges, elle tisse des supports en fibres naturelles destinés essentiellement à des marchés de niches assez techniques. Parallèlement à cette activité de tissage, Tenthorey a depuis 10 ans créé une entité dédiée aux sacs en coton bio, tote bags et autres sacs publicitaires ou événementiels, afin d’accompagner l’évolution de la réglementation et anticiper la disparition des sacs plastiques.

Avec une démarche de développement durable ancrée au cœur de sa stratégie, Tenthorey a mené de nombreuses actions d’innovation pour toujours faire avancer son process, ses produits ou son modèle économique.

Usine textile innovation

Pourquoi avoir choisi de faire appel à une consultante en portage salarial ? Quelle en était la valeur ajoutée ?

Je n’ai pas réellement choisi de faire appel au portage, je l’ai découvert via Valérie Cailliez et la solution semblait non seulement tout à fait appropriée à notre demande mais extrêmement souple et simple à mettre en œuvre. Le portage permet de pouvoir faire appel à une compétence complémentaire indépendante sans impacter directement la masse salariale de l’entreprise, de conserver une souplesse en fonction de la montée en puissance ou non des besoins et de l’issue des projets d’innovation lancés.

En quoi l’agrément CIR a-t-il été un avantage pour votre entreprise ? 

Dans le cadre des projets de recherche et d’innovation que nous menons, nous faisons appel au CIR régulièrement et travaillons avec de multiples entités agréées. Le CIR facilite la prise de risque liée aux programmes de recherche et diminue l’impact des actions qui n’aboutissent pas à un résultat exploitable, ce qui est parfois le cas en recherche. Avec le CIR, nous pouvons mener des projets plus ambitieux où l’aléa technologique est plus fort.

Pensez-vous que cet agrément constitue un enjeu majeur pour les entreprises souhaitant développer des projets innovants ?

C’est un atout indéniable et cela permet de coupler la souplesse apportée par le principe du portage salarial à une incitation fiscale et devrait pouvoir décider plus d’entreprises, en particulier les PME, à innover.