Par Ariane Faure - Actualités du portage

Avec l’essor du numérique des entrepreneurs inventent de nouveaux modèles économiques qui font bouger les lignes du salariat classique. A l’heure où le terme Ubérisation est sur toutes les lèvres, beaucoup ont la fièvre de l’entrepreneuriat… mais à quel prix ? En pleine Ubérisation, le portage salarial s’impose comme une alternative légale et sans précarisation des travailleurs. Explications.

Qu’entend-on par Ubérisation ?

Ce nouveau mot a été utilisé pour la première fois par le PDG de Publicis, Maurice Lévy, en décembre 2014.
Il s’inspire du nom de la start-up californienne Uber dont le modèle économique, inspiré par le numérique et libéré des régulations juridiques, a fait exploser les codes d’une activité économique traditionnelle. Le principe est simple et repose sur la création d’une plateforme mettant en relation des « offrants » et des « demandeurs ».

Le service UberPop (Uber est une compagnie de VTC classique) propose de réduire les intermédiaires en permettant à des particuliers de s’improviser, le temps d’une course, chauffeurs. Cette application mobile met en relation, en temps réel, des particuliers qui souhaitent se déplacer avec des chauffeurs non professionnels. Un concept vivement critiqué et vécu comme une concurrence déloyale pour des taxis soumis, en tant que professionnels, à des charges et des frais de licence.

Surfant sur les nouvelles technologies le principe de l’Ubérisation correspond à une « plateformisation » de l’économie. Un phénomène qui s’est étendu à d’autres domaines comme le tourisme et l’hôtellerie avec Air B & B, la location de voitures avec Drivy, la banque avec Lending Club. Autant de business model « numériques » qui ne sont pas soumis aux mêmes règles que les entreprises traditionnelles.

Portage salarial et Ubérisation ?


Portage salarial et Ubérisation favorisent le modèle du travail indépendant et de l’entrepreneuriat freelance, faisant exploser les codes du salariat classique.  Tout change à partir de là.

Le portage salarial offre à des professionnels qui travaillent pour leur compte un cadre légal pour exercer leur métier et les avantages sociaux du statut de salarié. Devenir son propre patron grâce au portage salarial signifie se consacrer exclusivement à son activité, en étant libéré des tâches administratives et bien protégé.

Un salarié porté est considéré, selon la réglementation du portage salarial en vigueur, comme un salarié qui va toucher un salaire net en fonction du chiffre d’affaires qu’il aura réalisé. Il va s’acquitter par ailleurs, de ses cotisations sociales, charges patronales et autres taxes. Le statut de porté lui apporte la sécurité d’un contrat de travail donc l’assurance de pouvoir prétendre à une indemnité chômage.

Un travailleur Ubérisé n’est, à aucun moment, salarié d’une entreprise. Il n’a pas de revenus assurés. Il n’a aucun statut, ne bénéficie pas d’une protection sociale et ne cotise pas pour sa retraite. De plus, ces indépendants mènent souvent plusieurs activités de front ce qui les amènent à dépasser le temps de travail maximum légal… Le constat est sans appel. Si l’Ubérisation crée de la richesse, nul doute qu’il précarise également les emplois. Uberiser signifie utiliser des « personnes ressources » proposant un service flexible à prix cassé. Osons une nouvelle comparaison avec la solution du portage salarial qui, elle aussi, peut s’avérer économique pour l’utilisateur final, tout en préservant ses  » personnes ressources ».

Prenons l’exemple d’une entreprise qui fait appel à un consultant en portage

Cette société va bénéficier des compétences d’un professionnel immédiatement opérationnel qui va effectuer, pour elle, un travail de qualité. Cette prestation de service ponctuelle, parfaitement adaptée à ses besoins, n’impacte pas ses effectifs et surtout ne lui coûte pas plus cher. Le portage salarial a donc beaucoup de potentiel en pleine période d’Uber-isation.

Article rédigé le 30 nov 2016

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