Par Arthur Avranches - Devenir consultant indépendant

Pour de nombreux travailleurs, cumuler les avantages du salariat et de l’indépendance est une perspective aussi séduisante que contradictoire. Pour autant, n’est-il pas envisageable d’aller au-delà de cet apparent antagonisme ? Le portage salarial peut-il incarner cette forme d’emploi hybride dont rêvent tant de professionnels ?

Salariat : la sécurité avant tout !

L’attrait du salariat réside principalement dans le degré de protection qu’il accorde au travailleur. Une sécurité qui s’incarne surtout dans le CDI, un Graal convoité par de nombreux travailleurs abonnés aux contrats précaires.

Même si tous les contrats de travail et les secteurs d’activité sont loin de se valoir sur ce plan, être salarié, c’est pouvoir globalement envisager son avenir de manière relativement sereine en profitant d’une rémunération garantie, de congés payés, d’une bonne protection sociale et d’allocations chômage.

️Entrepreneuriat : aucune concession sur la liberté ! 

Les statuts du consultant indépendants, qu’il s’agisse de la SASU, l’EURL, l’EIRL, l’entreprise individuelle ou la micro-entreprise, possèdent tous un point commun : ils vous permettent de mener votre activité de manière totalement autonome. Libre à vous de choisir vos clients, de fixer vos tarifs, de développer vos outils de communication, de tisser des partenariats…

Cela n’a l’air de rien, mais pour un salarié habitué à être accompagné au quotidien par son entreprise et à suivre les ordres de ses supérieurs hiérarchiques, parfois à contrecœur, devenir travailleur indépendant est un changement radical qui peut être assez effrayant.

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Cumuler deux activités… pour le meilleur ?

Même si l’on peut évidemment envisager quelques passerelles, le salariat et l’entrepreneuriat s’opposent finalement assez nettement, notamment pour ce qui concerne la liberté et la sécurité qu’ils accordent aux professionnels.

Certains nous feront sans doute très justement remarquer qu’il est tout à fait possible de créer une activité indépendante, en empruntant par exemple la voie simplifiée de la micro-entreprise, tout en conservant un poste de salarié, en profitant du principe de cumul des activités. Une solution qui permet effectivement de contrebalancer les inconvénients d’un statut par les avantages de l’autre.

Cependant, mener deux activités de front peut considérablement compliquer un quotidien déjà bien chargé en obligeant celui ou celle qui entreprend à multiplier les heures de travail au détriment de sa santé ou de ses relations sociales. Ajoutons à cela les éventuelles clauses d’exclusivité ou de non-concurrence qui peuvent tout simplement remettre en cause un projet de création d’entreprise.

En somme, associer une activité de salarié avec une activité autonome, quand cela est toutefois possible, peut tout autant aboutir à une vie riche et épanouissante qu’à un cauchemar éveillé.

Portage salarial : une utopie bien réelle

Né dans les années 1980, le portage salarial n’avait à son époque pas forcément pour ambition de révolutionner les codes du monde du travail. Originellement conçu pour aider les cadres séniors à trouver des missions, ce statut, dont l’encadrement légal n’a cessé d’évoluer depuis, attire désormais un nombre croissant de professionnels fâchés avec le salariat ou intimidés par la création d’entreprise.

Rappelons en effet que cette forme d’emploi permet à un professionnel détenteur d’un certain niveau d’expertise dans son domaine de faire héberger son activité auprès d’une société de portage salarial.

L’objectif est double : avoir la possibilité de développer son activité de façon autonome tout en bénéficiant des mêmes avantages que les salariés (protection sociale complète, chômage, accompagnement juridique, gestion des formalités). D’une certaine manière, et même si le concept peut paraître de prime abord assez contre-intuitif, le consultant en portage salarial peut finalement être considéré comme une sorte de travailleur indépendant salarié.

Bien que le portage salarial ne soit pas accessible à toutes les catégories de travailleurs (le domaine d’activité, la rémunération dégagée et le niveau d’expérience sont déterminants) et qu’il impose quelques concessions (le versement de frais de gestion calculés sur le chiffre d’affaires), n’incarnerait-il pas ce statut chimérique qui peuple les songes de bon nombre de professionnels ? À en juger par sa popularité grandissante, on serait clairement tenté de le croire !

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Article rédigé le 02 Juil 2018

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