Par Adeline Chauvigné - Me changer les idées

Le monde professionnel subit une véritable transformation depuis plusieurs années ; une lame de fond irrésistible portée par la révolution numérique et sa cohorte de nouvelles pratiques. Ce bouleversement technologique, qui n’épargne aucun secteur d’activité, tend par ailleurs à modifier les formes et les modalités du travail. Explications.

L’espace de travail en question

Quand le numérique se fait une place dans l’entreprise, ce n’est pas sans incidences sur l’espace de travail. Depuis que les salariés ont troqué leurs piles de documents et leurs unités centrales pour des ordinateurs portables, smartphones et autres tablettes connectés au cloud de l’entreprise, l’existence d’un bureau fixe attribué à un seul et unique collaborateur semble de moins en moins avoir de sens.

Le bureau flexible, dans lequel chacun est libre d’occuper le poste qu’il souhaite, parfois en fonction de la tâche à accomplir ou de son humeur du moment, offre plusieurs avantages. Il favorise notamment les échanges et la collaboration entre des salariés qui n’auraient peut-être pas eu l’occasion de se rencontrer dans d’autres circonstances.

Bien évidemment, la révolution numérique s’incarne aussi à travers l’émergence du télétravail. Même si toutes les entreprises n’ont pas encore cédé à la tendance et que certains salariés éprouvent quelques réticences à son égard, elle commence toutefois à faire son chemin jusque dans les plus grandes sociétés. Des entreprises comme Air France, Renault ou encore Microsoft France encouragent leurs salariés à travailler de temps à autre depuis leur domicile ou dans des espaces de coworking. Orange a même poussé le vice jusqu’à créer son espace de « corpoworking », qui accueille non seulement certains de ses salariés, mais aussi des indépendants de passage.

espace partage

Un management en pleine crise

Comment attirer et fidéliser des nouvelles générations de travailleurs hyperconnectés et peu enclins à se laisser dicter la marche à suivre par leurs supérieurs hiérarchiques ? C’est là tout l’enjeu du management actuel qui doit se réinventer pour répondre au désamour grandissant dont il est la cible.

Accorder plus de liberté aux collaborateurs ; considérer que chacun a quelque chose à apporter à l’entreprise, indépendamment de la place qu’il occupe ou de son âge ; offrir un environnement de travail agréable ; favoriser la transparence et le partage au sein des équipes ; voici quelques pistes, parmi d’autres, aujourd’hui envisagées par les managers pour amadouer une génération Z qui n’entend faire aucune concession !

coworking jeune travailleur

De nouvelles formes de travail en émergence

Alors que le CDI est en perte de vitesse, de nouvelles formes de travail apparaissent, là encore favorisées, du moins en partie, par la transformation numérique qui traverse actuellement l’ensemble de la société.

Attirés par l’autonomie et la liberté, de plus en plus de travailleurs se tournent en effet vers les statuts de consultant indépendant. Bien que devenir consultant indépendant tienne parfois bien davantage du pis aller que du véritable projet entrepreneurial, la majorité des professionnels qui empruntent cette voie le font par choix. Et quand on sait qu’un nombre toujours plus important d’entreprises ont recours aux travailleurs indépendants pour combler la fuite des talents en interne et gagner en flexibilité, on comprend pourquoi le phénomène n’est pas prêt de s’arrêter de sitôt.

Outre le très populaire régime micro-entrepreneur, considéré aujourd’hui par beaucoup comme un statut précaire associé à l’uberisation de certaines professions, les néo-freelances peuvent désormais opter vers d’autres formes de travail, autrefois inaccessibles ou inconcevables.

Né pour répondre à une problématique bien spécifique (le chômage des cadres séniors), le portage salarial est par exemple devenu, en l’espace de quelques années, une forme de travail difficile à ignorer dans un contexte économique secoué par les nouvelles technologies. Quoi de plus logique : les professionnels dotés de compétences avancées et attirés par l’entrepreneuriat peuvent en effet y trouver matière à réaliser leur projet, sans toutefois faire une croix sur leur protection sociale !

Article rédigé le 12 Avr 2018

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