Par Arthur Avranches - Tout savoir sur le portage salarial

Nombre de professionnels se rêvent dirigeant d’entreprise, mais n’osent pas se lancer, par manque d’expérience ou par peur de perdre tous les avantages inhérents à leur statut de salarié. Et si le portage salarial était l’occasion pour eux de faire leurs premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Le consultant en portage : un freelance pas comme les autres

Encore relativement méconnu malgré son expansion sur le territoire français, le portage salarial offre un mode d’organisation qui fait la jonction entre le salariat et le monde de l’entreprise.

L’hébergement de l’activité du consultant en portage salarial est conditionné par l’existence de deux contrats :

  • Un contrat de travail, signé avec la société de portage. Ce contrat, qui prend la forme d’un CDD ou d’un CDI, intègre notamment le pourcentage de frais de portage prélevé sur son chiffre d’affaires. Notons que le contrat de travail est précédé par la signature d’une convention d’adhésion, qui fixe les règles d’hébergement de l’activité en portage.
  • Un contrat de prestation de service, établi entre la société de portage et l’entreprise cliente. Après avoir démarché ses clients, le salarié porté les met en relation avec sa société de portage. Celle-ci facture ensuite les prestations du porté aux clients.

Le consultant en portage salarial n’est donc pas un travailleur indépendant tout à fait comme les autres. Il gère librement son portefeuille de clients et définit les modalités d’intervention de ses missions sans contraintes : nature et planification de l’intervention, montant de la contrepartie financière, prise en charge des frais de mission par le client…

D’un autre côté, il touche une rémunération mensuelle unique, versée par la société de portage salarial, et n’engage pas ses biens personnels dans le cadre de son activité. En qualité de salarié, il bénéficie par ailleurs d’une rémunération minimale, d’une protection sociale complète (régime général), d’une assurance RCP et de l’assurance chômage.

En outre, ses formalités administratives et comptables sont prises en charge par son entreprise, lui donnant la possibilité de se concentrer entièrement sur le développement de son business.

Créer une société : qu’est-ce que cela implique ?

Deux statuts juridiques permettent à un seul associé de créer une société : l’EURL et la SASU ; des variantes unipersonnelles de la SARL et de la SAS.

Lorsqu’il crée sa société, libre au dirigeant d’opter pour le mode de rémunération le plus avantageux pour lui.

Il peut par exemple choisir de :

  • Se verser une rémunération en tant que dirigeant (fixe ou proportionnelle au chiffre d’affaires). Celle-ci peut, le cas échéant, être considérée comme un salaire (comme c’est le cas des gérants majoritaires de SARL) ;
  • Percevoir les intérêts générés par les sommes laissées en compte courant ;
  • Percevoir des dividendes.

Par ailleurs, la création de société permet au porteur de projet de mettre en place une structure qui correspond précisément à ses besoins, notamment en matière de régime fiscal et social. Par exemple, l’entrepreneur peut, sous certaines conditions, opter pour le régime des travailleurs non salariés (TNS). Moins coûteux que le régime général, ce dernier offre cependant moins de protection. Par contre, l’entrepreneur ne peut pas bénéficier de certains avantages relatifs au statut de salarié, comme l’assurance chômage.

Bien qu’une création de société s’accompagne de nombreux avantages, il convient néanmoins de prendre la mesure des exigences administratives liées aux formalités de constitution et de gestion d’une entreprise. Inexistants en portage salarial, ces obligations sont inévitables pour le professionnel exerçant à son compte, à moins de confier leur gestion à un expert-comptable, à un site spécialisé ou d’opter pour un statut allégé, à l’image du régime micro-entrepreneur (allégé, mais pas totalement dénué de formalités pour autant !).

Pourquoi commencer par le portage salarial ?

Dans certaines circonstances, le professionnel qui a pour projet de créer son activité aura bien plus intérêt à se tourner vers le portage salarial que vers la création d’entreprise, tout du moins, dans un premier temps.

Cette solution, nichée quelque part entre salariat et entrepreneuriat, lui permet en effet de :

  • Tester son activité en limitant les risques financiers relatifs à la création d’entreprise
  • Fidéliser sa clientèle et se faire un nom au sein de son secteur d’activité
  • Avoir l’assurance de bénéficier d’une protection sociale complète pour démarrer son activité sereinement
  • Poser les premiers jalons d’une création d’entreprise en tirant profit de l’expérience et de la renommée acquises dans le cadre de son activité en portage
  • Profiter d’une transition douce entre un poste de salarié et une création d’entreprise

Les profils des salariés portés se distinguent par leur grande variété. Certains consultants sont d’anciens dirigeants d’entreprise qui ont fait le choix de retourner à une vie professionnelle plus simple, moins stressante et orientée sur leur coeur de métier. D’autres sont des jeunes diplômés qui ont pour dessein d’accumuler de l’expérience et d’accroitre leurs compétences commerciales avant de s’orienter sur la création d’une société sous la forme d’une EURL ou d’une SASU. D’autres encore sont des cadres séniors expérimentés qui n’ont pas l’intention de décrocher des affaires, une fois parvenus à la retraite.

 

Une chose est sure : si vous envisagez de créer votre activité professionnelle, qu’elle débouche sur la création d’une entreprise ou non, le portage salarial peut sans doute beaucoup vous apporter !

Article rédigé le 11 Mai 2016

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