Par Johan Sellitto - Devenir consultant indépendant

Ressource désormais indispensable dans un marché du travail en constante évolution, le consultant en recrutement permet aux entreprises de trouver leurs futurs collaborateurs sans que celles-ci aient besoin d’effectuer de laborieuses et parfois infructueuses démarches pour y parvenir. Quel parcours emprunter et quel statut juridique privilégier pour mener une carrière de consultant en recrutement indépendant ? Cadres en Mission vous répond !

Le rôle du consultant en recrutement

Parfois surnommé « chasseur de tête », le consultant en recrutement a pour mission de trouver des profils de professionnels adaptés aux besoins des entreprises. Une tâche parfois difficile à mener, étant donné la multitude de compétences et de métiers qui cohabitent sur le marché du travail.

Pour atteindre son objectif, le consultant doit :

  • Prendre connaissance des besoins des organisations qui font appel à ses services afin de définir des profils.
  • Rechercher des candidats correspondant aux profils définis en amont, en se servant de son réseau professionnel, en puisant dans des cvthèques, sur internet et les réseaux sociaux.
  • Réaliser des entretiens, des vérifications et des tests de compétences et de personnalité pour déterminer la personne la mieux adaptée au poste à pourvoir.
  • Éventuellement, participer aux négociations de pré-embauche.

Une partie non négligeable de son quotidien consiste également à prospecter des entreprises en recherche de compétences, d’assurer un suivi afin de s’assurer que les profils recrutés s’adaptent bien aux exigences de l’entreprise et de mettre en place des actions de fidélisation.

Le consultant en recrutement travaille en cabinet de recrutement, en agence d’intérim, en cabinet de conseil en ressources humaines ou parfois à son compte.

Enfin, si certains consultants sont généralistes, d’autres sont spécialisés dans un secteur d’activité bien délimité. C’est le cas dans la branche informatique qui, en plus d’accueillir un panel de compétences aussi riche que varié, connaît de nombreuses évolutions au fil des mois.

Formation pour devenir consultant en recrutement

La plupart des consultants spécialisés dans le recrutement sont issus de formations en gestion des ressources humaines, en psychologie, en gestion d’entreprise ou en école de commerce. Certains consultants arrivent jusqu’à ce métier après avoir occupé des fonctions clés dans une branche d’activité bien spécifique, leur permettant d’avoir une bonne vision globale des besoins, profils et compétences liés au domaine en question.

Au-delà du savoir-faire, qui s’acquiert avec l’expérience ou dans le cadre d’un cursus spécifique, le métier de consultant en recrutement exige aussi des qualités. Par exemple, le professionnel qui envisage ce type de carrière doit évidemment apprécier le contact humain, car il est amené à contacter et rencontrer des professionnels au quotidien. D’un naturel curieux, il doit être aussi capable de cerner rapidement un candidat, au-delà des apparences et de la qualification.

La persévérance est également de mise pour réussir à s’épanouir dans ce métier : les éventuelles erreurs de recrutement ne doivent en effet pas décourager le consultant, mais au contraire lui servir à aiguiser son jugement et remettre en question ses pratiques pour les faire évoluer dans la bonne direction.

devenir consultant recrutement

Devenir consultant en recrutement : quelle statut choisir ?

Le choix du statut juridique est crucial, car c’est ce dernier qui conditionne la marge de manœuvre et le niveau de protection dont peut profiter le consultant en recrutement dans le cadre de son activité. S’il veut exercer à son compte, plusieurs possibilités s’offrent à lui : créer une entreprise individuelle, constituer une société unipersonnelle ou rejoindre une société de portage salarial. Voyons ce qui distingue exactement ces différentes solutions.

Sur le plan de la complexité

S’il y a bien un aspect sur lesquelles se distinguent les différentes formes d’entreprises individuelles, la SASU et l’EURL, c’est la complexité ! Relativement coûteuse, la création d’une société unipersonnelle n’a rien de simple, surtout dans le cas de la SASU où le grand niveau de liberté relatif à la rédaction de statuts peut rapidement mener à commettre des erreurs pouvant s’avérer préjudiciables à plus ou moins court terme.

En comparaison, l’entreprise individuelle, et notamment le régime micro-entrepreneur, est bien plus accessible sur ce point. En témoigne le nombre impressionnant de professionnels qui choisissent cette forme juridique pour lancer leur activité, parfois dans le seul but de tester l’entrepreneuriat ou compléter leurs revenus salariés.

Le portage salarial est le seul de ces statuts qui n’implique pas la création d’une quelconque structure. Signataire d’une convention de portage et d’un contrat de travail, le consultant en portage salarial fait héberger son activité auprès d’une entreprise spécialisée qui joue en quelque sorte le rôle d’intermédiaire avec les entreprises clientes. Contrairement à l’intérim, le consultant en portage est néanmoins totalement libre de choisir ses missions et de négocier les modalités de ses contrats (honoraires, frais de mission, lieu d’exercice…).

participation reunion information

En termes de sécurité

La protection dont bénéficie l’associé unique de la SASU et de l’EURL n’est pas tout à fait identique. Assimilé salarié, le président associé unique de la SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Sa rémunération doit dépasser un certain seuil pour pouvoir bénéficier de cette couverture sociale. Le gérant associé unique de l’EURL est quant à lui affilié à la sécurité sociale pour les indépendants. Sa protection est un peu moins intéressante, mais ses cotisations un peu moins élevées également.

Dans un cas comme dans l’autre, il va sans dire que le consultant a tout intérêt à souscrire une assurance RC professionnelle s’il veut éviter de ruiner les fruits de ses efforts à cause d’une erreur ayant causé un préjudice chez l’un de ses clients.

En matière de sécurité, l’entreprise individuelle et le régime micro-entrepreneur sont sans doute les moins bien lotis des différents statuts. S’il est possible de compenser un tant soit peu cet état de fait en optant pour l’EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée), cela reste bien peu de chose en comparaison de niveau de protection dont profite le consultant en recrutement exerçant en portage salarial. Disposant du statut de salarié, celui-ci bénéficie effectivement d’une protection sociale complète, identique à celle d’un salarié classique : remboursement des soins, mutuelle d’entreprise complémentaire, assurance RC pro, congés maladie, assurance chômage…

Autant d’avantages qui ont néanmoins une contrepartie dont il faut avoir conscience : soumis aux prélèvements sociaux et à des frais de gestion (qui garantissent l’accès aux services proposés par la société de portage), le consultant en portage salarial perçoit un salaire net dont le montant correspond à environ la moitié de son chiffre d’affaires HT. Cependant, pour bénéficier d’un niveau de protection équivalent (sans compter la dimension « accompagnement »), le consultant qui choisit l’EURL, la SASU ou encore la micro-entreprise doit consacrer un budget supplémentaire qui peut s’avérer assez conséquent.

En matière d’accompagnement

Il est bien sûr possible de se faire accompagner par un organisme public ou privé dans le cadre d’une création d’entreprise individuelle, de SASU ou d’EURL, mais aucun de ces statuts ne peut rivaliser avec le portage salarial sur ce point. Et pour cause : pensée à l’origine comme une « solution tout-en-un », le portage salarial permet au consultant en recrutement indépendant de bénéficier d’un accompagnement personnalisé pendant toute la durée de son activité.

Celui-ci prend la forme d’une gestion des formalités administratives, d’une assistance juridique, de formations professionnelles, d’offres de missions, d’une mise en réseau, de la participation à des événements de réseautage… Ces différents services dépendent toutefois de chaque société. Il est donc essentiel de bien se renseigner avant de signer son contrat.

Intrigué.e par le portage salarial ?

participation reunion information

Comment réussir sa carrière de conseiller en recrutement ?

L’efficacité d’un consultant en recrutement freelance et par conséquent le succès de son projet sont indissociables de plusieurs facteurs, dont :

  • La taille et surtout la qualité de son réseau professionnel.
  • Sa capacité à tirer avantage des nouvelles technologies pour dénicher des candidats intéressants.
  • La connaissance approfondie qu’il possède du marché du travail ou tout du moins de sa branche d’activité (nouveaux postes, compétences les plus recherchées…).
  • Ses aptitudes commerciales pour trouver de nouveaux clients.
  • Sa capacité à s’adapter à des demandes parfois très différentes.

Article rédigé le 28 Nov 2018

Les commentaires sont fermés.