Par Arthur Avranches - Bien gérer mon activité

Bien que le portage salarial n’implique aucune création d’entreprise, cette solution nécessite néanmoins certaines précautions. Si le consultant indépendant veut toucher des rémunérations intéressantes, mais aussi régulières, il lui faut notamment apprendre à bien gérer son chiffre d’affaires. Voici les clés pour y parvenir !

① Fixer un bon taux journalier

La définition d’un taux journalier moyen (TJM) « convenable » est le point de départ d’une activité professionnelle qui fonctionne, que celle-ci s’inscrive dans le cadre spécifique du portage salarial ou dans celui d’un statut juridique plus classique.

Dans un contexte très concurrentiel, il est évidemment plus difficile d’imposer un taux horaire qui dépasse la moyenne pratiquée. Le professionnel peut néanmoins justifier ses tarifs en prenant appui sur son expérience, la difficulté de la mission proposée ou la rareté des compétences exigées.

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Dans tous les cas, il est nécessaire de trouver le juste milieu : avec un TJM trop faible, le consultant aura du mal à joindre les deux bouts ou à conserver sa crédibilité ; avec un TJM trop élevé, il aura toutes les difficultés du monde à se constituer un portefeuille clients.

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② Les frais à déduire de la facturation

En tant qu’indépendant rattaché à une structure, le consultant en portage salarial doit prendre en considération un certain nombre de frais et cotisations afin de bien anticiper son chiffre d’affaires, et notamment pour ne pas le surévaluer.

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Les frais de gestion, qui se situent généralement aux alentours de 10 %, correspondent à la commission prélevée par la société de portage salarial sur le chiffre d’affaires généré par le consultant. Inévitables, ces frais lui permettent toutefois de profiter des différents avantages de son statut atypique.

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L’activité du consultant en portage salarial est également assujettie aux cotisations sociales. Là encore, ces frais sont incontournables. Ils permettent en particulier au consultant de bénéficier d’une bonne protection sociale de base.

Terminons par la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Facturée sur chaque prestation (à l’exception de certaines prestations se rapportant à de la formation professionnelle), son taux applicable dépend de la nationalité du client. En France, le taux de TVA correspond à 20 %. Au sein de l’Union européenne, il est de 0 %, à condition de fournir un numéro de TVA intracommunautaire, auquel cas il est de 20 %. En dehors de l’Union européenne, le taux est fixé à 0 %.

Au bout du compte, pour déterminer précisément votre TJM, vous devez garder à l’esprit que la rémunération que vous touchez en portage salarial représente environ la moitié de votre facturation HT.

facturation gestion CA

③ Les frais professionnels

Votre activité ou la nature de certaines missions peuvent vous amener à effectuer diverses dépenses plus ou moins importantes : matériel informatique, logiciels spécifiques, abonnement internet et téléphonique, fournitures, déplacements…

Pour diminuer ces frais, qui peuvent considérablement peser sur votre chiffre d’affaires, deux possibilités s’offrent à vous : négocier leur prise en charge avec vos clients ou, lorsque cela n’est pas possible, demander à vous en faire rembourser une partie par votre société de portage salarial (jusqu’à 30% de votre CA). Dans les deux cas, ces dépenses professionnelles ne sont pas soumises aux commissions de portage ni aux cotisations sociales.

En périodes d’intermissions, durant lesquelles vous ne générez aucun chiffre d’affaires, cela vous offre un autre avantage intéressant : pouvoir vous faire rembourser une partie de vos frais de prospection, notamment vos frais kilométriques !

💡En savoir plus : Frais professionnels en portage salarial

④ Anticiper les périodes d’inactivité

intermission portage salarial

En portage salarial, anticiper les périodes d’inactivité est l’une des clés de la réussite. Le consultant peut en effet connaître des semaines ou des mois durant lesquels il ne peut pas facturer, faute de missions.

Heureusement, celui-ci peut gérer le versement de ses rémunérations comme il l’entend, en puisant directement sur son compte, sur lequel il est d’ailleurs conseillé de conserver un minimum de 10 % du chiffre d’affaires, comme on peut le comprendre.

Outre le fait de pouvoir anticiper les intermissions plus sereinement, ce système peut également l’aider à lisser ses revenus et, par extension, mieux contrôler le montant de ses impôts.

Enfin, c’est durant ces mêmes périodes que le consultant peut également demander l’ouverture de ses droits au chômage, à condition évidemment d’avoir assez travaillé pour en bénéficier.

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Article rédigé le 29 Mai 2018

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